J’étais le premier à faire ça en Europe : ce pilote de drone français a conquis Hollywood
Benoît Finck, connu sous le nom de Fincky sur YouTube, est un pionnier du drone FPV cinématique. Il a su allier pilotage et mise en scène pour créer des plans immersifs incontournables dans la publicité, les clips et le cinéma. Son travail a été reconnu dans des productions à travers le monde et il est l’un des protagonistes de la série « Fly or die : les virtuoses du drone », disponible sur france.tv et YouTube.
L’aventure de Benoît a commencé il y a neuf ans, presque par hasard. « Quand j’ai essayé ça la première fois, je suis devenu complètement accro. C’est très addictif, » confie-t-il. À l’époque, il était simplement un amateur de drone, s’entraînant tôt le matin avant de commencer sa journée en tant que publicitaire.
Un an après ses débuts, il a lancé sa chaîne YouTube, choisissant de s’exprimer en anglais pour présenter la communauté française à un public international. Inspiré par les pratiques américaines, il a été parmi les premiers à survoler des bâtiments désaffectés en France, une période qu’il décrit comme « une période d’exploration énorme ».
Frédéric Francis, expert technique à Nancy, se souvient de l’impact de Finck : « Benoît faisait partie des précurseurs en France. Grâce à ses productions vidéo régulières et de qualité, il a montré au reste du monde que la France avait sa place dans le drone FPV. »
Le tournant majeur de sa carrière est survenu lorsqu’il a décidé de devenir professionnel. « C’était la plus grosse décision de ma vie. À ce moment-là, personne ne faisait ça. J’étais le premier en Europe à vivre à 100 % de cette activité professionnelle. » Cette audace a inspiré d’autres pilotes, comme Joris Pierrat, qui le considère comme une véritable source d’inspiration.
Aujourd’hui, Benoît Finck dirige sa propre entreprise, consacrant son temps à la recherche et au développement ainsi qu’à des tournages à l’international. « J’enchaîne les déplacements, je passe très peu de temps chez moi, » explique-t-il. Le mois dernier, il était en Corée pour un tournage et a ensuite participé au Festival de Cannes pour un shooting avec des célébrités.
Le secteur du drone, après une croissance rapide post-Covid, connaît un ralentissement. Avec la démocratisation des drones grand public, l’industrie cinématographique devient de plus en plus exigeante. Pour répondre aux attentes des réalisateurs, Finck a dû acquérir des compétences techniques en impression 3D, découpe de carbone et dessin technique.
Pour transporter les caméras les plus lourdes, il utilise des drones pesant entre 4 et 25 kilos. L’un de ses modèles est basé sur un châssis britannique ultra-rare, reconfiguré dans son atelier parisien. Ces drones haut de gamme nécessitent souvent une équipe au sol, incluant un pilote, un cadreur et un technicien.
Travailler à l’étranger peut parfois se traduire par peu de temps à l’écran. « Notre satisfaction vient lorsque le réalisateur nous dit qu’il est ravi des images. Nous sommes payés au temps passé sur le plateau, pas au nombre d’images diffusées, » déclare-t-il.
Finck a collaboré avec des productions majeures, notamment avec les frères Russo sur le blockbuster Netflix « The Gray Man », où il a orchestré une course-poursuite spectaculaire. Plus récemment, il a travaillé sur le film français « Drone », où le drone joue un rôle central, et sur la série Netflix « Mercenary », prévue pour 2027.
À l’avenir, Benoît Finck aspire à devenir directeur de la photographie, souhaitant orchestrer la lumière et les caméras. En attendant, son art est à découvrir dans « Fly or die : les virtuoses du drone ».
Source : France Télévisions, Seppia
