Un pansement “intelligent” pour les zones de guerre : cette biotech française récompensée
Partie d’un projet né dans le civil, une biotech établie à Reims (Marne), récemment primée au salon de la défense, développe un pansement intelligent destiné aux zones de conflit. Encore en phase de tests, l’innovation pourrait transformer les premiers soins sur les champs de bataille.
La présidente de V. Biotech, Véra Chamarande, a présenté son projet au salon mondial de la défense et de la sécurité terrestre et aéroterrestre à Paris, où son produit a reçu le premier prix Defstart. Selon elle, ce projet, qui était en développement depuis plusieurs années, a été propulsé par une rencontre décisive avec un représentant du Centre de ressources des industries de la défense à Bourges.
Véra Chamarande souligne que le pansement, dénommé P2I, vise à réduire les complications graves pouvant survenir lors des bless militaires, souvent exacerbées par des délais d’extraction. Dans des conditions extrêmes, comme le froid ou le désert, même une éraflure peut mener à des infections potentiellement mortelles.
« Notre proposition de valeur est d’éviter les morts évitables », déclare Chamarande. Malgré la récompense, des tests in vivo et in vitro doivent encore être réalisés pour affiner le produit.
L’innovation vise à répondre aux nouvelles réalités des conflits modernes, où les bless causées par des drones et d’autres armements peuvent être nombreuses et variées. Le pansement est conçu pour être appliqué directement sur la plaie, fournissant ainsi des premiers soins immédiats, même en l’absence de personnel médical.
V. Biotech, qui a initialement concentré ses efforts sur la valorisation du marc de café, se dirige désormais vers le secteur de la défense, avec un bureau prévu au centre de ressources des industries de la défense à Bourges, où environ 6 000 personnes sont employées dans le domaine.
L’entreprise continuera de piloter ce projet depuis son laboratoire de recherche et développement à Reims, tout en construisant une usine à Vierzon. Cette usine permettra de produire l’ingrédient actif du pansement, assurant ainsi une souveraineté totale dans la fabrication.
Le pansement pourrait être commercialisé d’ici deux ans, marquant une avancée significative dans les soins médicaux en milieu de conflit.
Source : France 3 Régions
