C’est un marché de niche : un oléiculteur français mise sur l’huile d’olive noire pour se démarquer
L’été, synonyme de salades, est également l’occasion de mettre en avant l’huile d’olive locale. Pour faire face à la concurrence espagnole, des producteurs comme Franck Barthélémy innovent avec des huiles d’olive noires, très appréciées tant par les consommateurs que par les restaurateurs.
Sur les hauteurs de Montaud, dans l’Hérault, Franck Barthélémy cultive 22 hectares d’oliviers. Depuis 22 ans, il s’occupe de plusieurs variétés, dont la négrette, une olive noire typique de la région. Selon lui, cette olive produit une huile légèrement poivrée, avec des rendements satisfaisants.
Chaque année, Barthélémy récolte près de 15 000 litres d’huile d’olive. Il souligne que ces arbres, adaptés au climat méditerranéen, rencontrent cependant des défis liés aux aléas climatiques croissants.
Malgré cela, le nombre de producteurs d’olives dans la région reste limité, rendant difficile la concurrence avec l’Espagne. Barthélémy déclare : « Le prix reste le nerf de la guerre, et nous avons du mal à nous aligner sur celui de nos concurrents. » Il évoque également que l’huile d’olive française représente un marché de niche, avec une production insuffisante pour répondre à la demande.
Pour se démarquer, Barthélémy mise sur la qualité et l’originalité de ses produits. Son huile d’olive noire, extraite à froid en hiver, est embouteillée à la demande tout au long de l’année. Mathilde Lapin, salariée de l’oléiculture, explique que, bien que l’huile provienne d’olives noires, elle apparaît claire à l’embouteillage.
Les olives sont également transformées en tapenade, une spécialité française. Dans le laboratoire, Bastien Gautier prépare des bocaux de négrettes stérilisées dans de l’huile d’olive locale, offrant ainsi une saveur unique.
Franck Barthélémy valorise 70 tonnes d’olives par an en huile d’olive et près de 20 tonnes en confiserie. Il précise que le prix de l’huile d’olive peut atteindre 20 euros le litre, et que la valorisation du kilo d’olive brute est d’environ 3 euros, tandis que la confiserie permet une valorisation bien supérieure.
Proposée à 100% en vente directe, l’huile d’olive de Barthélémy est souvent deux fois plus chère que celle des grandes surfaces. Cependant, cela n’empêche pas les consommateurs de se rendre à sa boutique, où ils apprécient la provenance de l’huile.
Les restaurateurs, comme Romain Brunier de l’auberge de la Valestalière, privilégient également ces huiles pour leur capacité à enrichir les plats. Brunier souligne la diversité aromatique des huiles de Barthélémy, qu’il utilise dans des préparations salées et sucrées.
Malgré les atouts des petits producteurs face aux géants espagnols, l’huile d’olive française demeure un marché de niche, représentant à peine 5% de la consommation nationale.
Source : France 3 Régions



