Un manuscrit inédit de Mozart découvert à la Bibliothèque nationale de France
Une découverte significative pour les passionnés de musique et les chercheurs en musicologie : un cahier de musique, conservé à la Bibliothèque nationale de France (BnF), a été identifié comme étant de la main de Wolfgang Amadeus Mozart. Ce manuscrit, composé de 44 pages, a été tenu par le compositeur entre mai et juillet 1778, durant son second séjour à Paris.
Le jeune Mozart y a exercé en tant que professeur de musique pour Marie-Louise-Philippine de Bonnières de Guînes, fille du duc de Guînes, un flûtiste réputé à l’époque. Le cahier contient des exercices quotidiens destinés à son élève harpiste, ainsi que sept pièces pour flûte et harpe, vraisemblablement conçues pour être interprétées en duo par le père et la fille. Le duc avait antérieurement commandé à Mozart un concerto pour flûte et harpe, désormais une œuvre emblématique du compositeur.
Ces pièces sont considérées comme une « rareté musicale », car selon sa correspondance, Mozart n’appréciait guère la flûte et la harpe, et les compositions pour ces instruments sont rares. La redécouverte des partitions a eu lieu le 2 février dernier, lorsque François-Pierre Goy, conservateur à la BnF, a mis la main sur ce carnet parmi d’autres manuscrits en cours de reclassement.
Après vérification par ses collègues, c’est Armin Brinzing, directeur de la Bibliotheca Mozartiana du Mozarteum de Salzbourg, qui a authentifié le manuscrit fin avril. Ce cahier faisait partie de deux lots de partitions confisqués au domicile du duc de Guînes en 1794, sous la Terreur.
Gilles Pécout, président de la BnF, a déclaré que cette découverte est « l’une des plus importantes de ces dernières décennies », car elle documente le dernier séjour de Mozart à Paris et illustre son activité en tant que jeune professeur. Actuellement, la BnF détient la deuxième plus grande collection de manuscrits de Mozart au monde, après celle du Mozarteum. Parmi ses trésors figure la partition autographe de Don Giovanni, léguée par la cantatrice Pauline Viardot.
Les sept pièces récemment redécouvertes seront présentées en avant-première mondiale lors d’un concert à la BnF, le 21 juin, dans le cadre de la Fête de la musique, avec une diffusion prévue sur France Musique le lendemain.
Source : Classic FM, El País, Slipped Disc
