Un malade imaginaire avait soutiré 235 330 € à 32 prêtres : il est relaxé !
Contre toute attente, les juges de la 13e chambre correctionnelle de Paris ont relaxé, ce vendredi, Evariste Nzengi, accusé d’escroquerie au préjudice de personnes vulnérables. Le tribunal a estimé que le Franco-Congolais, âgé de 69 ans, avait commis, sans usage de faux, de « simples mensonges qui engagent plutôt la responsabilité civile de leur auteur ».
Dans la salle climatisée du tribunal judiciaire des Batignolles, Evariste, vêtu d’un polo bleu roi, a pris place devant le président Guillaume Daïeff. Il était visiblement nerveux, contrastant avec sa posture confiante lors de son procès le 8 juin, où il avait échangé courtoisement avec le père Jérôme Lavois, l’une de ses 32 victimes. Pendant les débats, il avait exprimé des remords, demandant pardon à Dieu et à « tous ceux que j’ai offensés ».
Le 10 juillet, aucun religieux n’était présent lors de l’énoncé du jugement. Bien que certains abbés ne souhaitaient pas une lourde condamnation pour Evariste, ils pensaient qu’une sanction était méritée. En effet, ce dernier avait sollicité l’aide de 80 membres du clergé, et 32 d’entre eux, principalement des personnes âgées entre 80 et 90 ans, avaient répondu à ses demandes entre juin 2019 et décembre 2025, lui transférant un total de 235 330 €.
Le président Daïeff a rappelé à Evariste qu’il avait menti sur sa santé et sa situation personnelle, évoquant des maladies fictives et des circonstances familiales erronées. Cependant, le juge a noté qu’il n’avait pas utilisé de faux documents pour tromper ses cibles. Selon la jurisprudence, des mensonges simples ne constituent pas une escroquerie ni des manœuvres frauduleuses. En conséquence, le tribunal a décidé de le relaxer, tout en soulignant que ces mensonges engagent la responsabilité civile de leur auteur.
À la sortie de la salle, Evariste et son épouse Gisèle, également prévenue mais relaxée, n’ont pas fait de déclarations. L’avocat du prévenu, absent lors du procès, a exprimé sa satisfaction quant à cette décision, notant qu’il aurait contesté une éventuelle condamnation devant la Cour européenne des droits de l’homme.
Cette relaxe pourrait avoir des conséquences, notamment si le père François D. et l’Association diocésaine de Paris décident d’intenter une action en justice pour récupérer une partie des fonds perçus par Evariste.
Source : Actu Juridique
