À 104 ans, Albert Corrieri se bat pour la reconnaissance de son statut de victime du STO
Le Marseillais Albert Corrieri, âgé de 104 ans, a été déporté de force en Allemagne à l’âge de 21 ans dans le cadre du Service du travail obligatoire (STO). Après avoir été débouté en appel, il a décidé de porter son affaire devant la Cour européenne des droits de l’Homme pour faire reconnaître son statut de victime et réclamer une indemnisation de l’État français.
Albert Corrieri a été déporté en 1943. Il se souvient : « À cet âge, on sort tout juste de l’adolescence. On a besoin de ses parents. J’avais une vie magnifique, avec une famille soudée. On m’a arraché à tout cela. » Son combat pour la reconnaissance de son statut de victime a débuté en 2024, lorsqu’il avait 102 ans. La même année, il est devenu le doyen des porteurs de la flamme olympique à Marseille.
En mai 2025, une cour d’appel a rejeté sa demande d’indemnisation, invoquant la prescription des faits. Malgré cela, Albert Corrieri a déclaré : « Je vais aller jusqu’au bout. [.] Je veux que ma souffrance soit comprise et payée. » Son avocat, Me Michel Pautot, souligne que Corrieri a travaillé deux ans sans être rémunéré, et réclame une indemnisation de 43 200 euros, soit 10 euros par jour de travail.
La requête a été envoyée à la Cour européenne des droits de l’Homme, qui devrait la transmettre à l’État français pour instruction. Corrieri souhaite également que sa démarche bénéficie à d’autres anciens déportés. Il a déclaré : « Si on me paye, je prendrai volontiers l’argent, mais je veux surtout qu’on reconnaisse ma souffrance et celle des 650 000 autres hommes qui sont partis comme moi. »
Albert Corrieri et son avocat réclament également la création d’un fonds d’indemnisation pour les victimes du STO, rappelant que seulement cinq anciens déportés restent en vie en France. En février 2025, une autre demande d’indemnisation, celle d’Erpilio Trovati, a été rejetée pour des raisons similaires.
Ce combat met en lumière la nécessité d’une reconnaissance officielle des souffrances des anciens travailleurs forcés, alors que la France continue de faire face à des questions sur la prise en charge de ces victimes.
Source : France 3 Provence-Alpes
