« Mérite-t-on d’être traités comme des chiens ? » : un détenu de la « pire prison de France » raconte son quotidien
Publié le 02/07/2026 à 08:54
Mis à jour le 02/07/2026 à 08:57
Temps de lecture : 2 min
Contacté par franceinfo, un prisonnier de la maison d’arrêt de Grenoble-Varces dénonce des conditions de détention insalubres, où certains dorment à même le sol, cohabitant avec des « rats immenses ».
Alors que la surpopulation carcérale en France a atteint un nouveau record, avec 88 829 personnes incarcérées au 1er juin, la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), Dominique Simonnot, a lancé un nouvel appel pour résorber cette surpopulation et garantir le respect des droits fondamentaux des détenus. Elle a publié au Journal officiel trois recommandations en urgence, dont l’une concerne la maison d’arrêt de Grenoble-Varces, où la situation s’est encore dégradée.
Dans cet établissement, la surpopulation atteint désormais près de 200 % dans le quartier des hommes. Conçue pour 232 détenus, la maison d’arrêt en accueille presque le double. « C’est un cas limite. Mais, malheureusement, c’est un cas qu’on voit de plus en plus (…) la prison est dans un état épouvantable », déclare Dominique Simonnot.
Selon le témoignage d’un détenu, les conditions de détention y sont particulièrement dégradées. « Je ne vous parle même pas des rats qui envahissent les cellules. Ils sont immenses », affirme un détenu d’une trentaine d’années, incarcéré pour trafic de stupéfiants, qui décrit « la pire prison de France ».
« On se retrouve à trois dans une cellule, tout petite. Il n’y a que deux lits, donc forcément un qui dort par terre. »
— Un détenu de la maison d’arrêt de Grenoble-Varces.
Dominique Simonnot pointe également de graves manquements en matière d’hygiène : « Il y a des rats partout, il y a des déjections de rats dans la cuisine, près de la nourriture. Le niveau d’alerte noire est déclenché au niveau de l’hygiène. » Un audit réalisé à l’automne dernier a attribué la note de zéro sur cent, signalant moisiss, déjections de rongeurs et équipements défectueux.
Le prisonnier évoque une réduction des temps de promenade et une promiscuité difficilement vivable. « On est des détenus, on mérite d’être en prison, on mérite de galérer. Mais mérite-t-on d’être traités comme des chiens ? On a une dignité quand même », témoigne-t-il.
Les surveillants, souvent jeunes et inexpérimentés, sont confrontés à des rixes fréquentes. La direction a alerté les pouvoirs judiciaires sur le risque mortel au quartier des vulnérables, où la violence est telle qu’il y a des bagarres la nuit dans les cellules.
Les conditions matérielles sont également dénoncées, notamment dans les douches collectives jugées insalubres. « La douche, c’est trois fois par semaine et c’est vraiment très très sale. On nous dit rupture de stock pour les claquettes. Des détenus prennent des sacs-poubelle et se les mettent aux pieds », témoigne le détenu.
Les syndicats de surveillants pénitentiaires dénoncent un manque de personnel, avec des postes vacants et des agents régulièrement rappelés sur leurs jours de repos, aggravant les difficultés de prise en charge des détenus.
Source : franceinfo
