Un cosmonaute sur orbite au-dessus d’un pays disparu et les raisons de son retour

Un cosmonaute sur orbite au-dessus d’un pays disparu et les raisons de son retour
Pendant 311 jours de 1991, un cosmonaute a tourné au-dessus d'un pays qui n'existait plus : ce qui a décidé de son retour

311 jours en orbite : le retour d’un cosmonaute sous un pays disparu

Le 18 mai 1991, le cosmonaute Sergueï Krikalev décolle à bord de la capsule Soyouz TM-12 depuis Baïkonour, arborant fièrement l’écusson de l’URSS. Lorsqu’il revient sur Terre 311 jours plus tard, l’Union soviétique a disparu, transformant ce qui devait être une mission de cinq mois en une épreuve inédite.

Dès juillet 1991, alors que le programme spatial soviétique subit des coupes budgétaires, Krikalev est contraint de prolonger son séjour à bord de la station Mir. Ce changement est motivé par l’annulation de deux vols prévus, réduisant ainsi les options de retour. En août 1991, le coup d’État contre Mikhaïl Gorbatchev aggrave la situation, alors que Krikalev continue ses activités en orbite, coupé des événements tumultueux sur Terre.

En décembre 1991, l’URSS se dissout officiellement en quinze États indépendants. Krikalev apprend qu’il ne peut pas rentrer chez lui, car le pays qui l’a envoyé dans l’espace n’existe plus. Le centre de contrôle de sa mission est désormais sous l’autorité de la Russie, un nouvel État, tandis que le cosmodrome de Baïkonour, d’où il a décollé, se trouve sur le territoire du Kazakhstan.

La situation financière de la Russie post-soviétique ne lui permet pas de financer un vol de remplacement. La solution survient de l’étranger : la Russie vend des sièges à bord des Soyouz à des pays occidentaux. Pour Krikalev, c’est l’Allemagne qui prend en charge la facture, payant 24 millions de dollars pour permettre le retour de Krikalev grâce à l’envoi de Klaus-Dietrich Flade dans l’espace. Le 25 mars 1992, Krikalev atterrit finalement au Kazakhstan, ayant passé 311 jours en orbite, soit environ 5 000 orbites de la Terre.

À son retour, Krikalev fait face à un monde transformé. Son salaire de cosmonaute soviétique, versé en roubles, a perdu de sa valeur en raison de l’hyperinflation, rendant son pouvoir d’achat extrêmement limité. Il est surnommé « le dernier citoyen soviétique », portant encore l’écusson de l’URSS sur sa combinaison.

Sergueï Krikalev reste un témoin unique de l’effondrement d’un État, ayant vécu une expérience sans précédent dans l’histoire spatiale, et continue de contribuer au programme spatial, cumulant plus de 800 jours dans l’espace au total.

Sources : La Libre, RBTH.

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