Un chercheur se sacrifie pour percer le mystère des moustiques
C’est la terreur de l’été, l’animal le plus dangereux au monde : le moustique. Entre la malaria, la fièvre jaune, le Zika, le paludisme, le chikungunya et autres maladies qu’il transmet, cet assassin compte plus de 700 000 victimes par an. Mais comment fait-il pour repérer aussi vite sa proie dans une pièce ?
Récemment, une étude de l’institut Georgia Tech et du MIT a analysé 20 millions de points de trajectoire de centaines de moustiques volant autour de différents objets pour répondre à cette question. Le chercheur responsable de l’étude s’est même mis dans une cage à moustiques pour tester ses hypothèses, filmant les attaques par des caméras infrarouges afin de reconstituer les trajectoires des insectes en 3D.
L’étude a révélé que les moustiques ne se suivent pas les uns les autres comme des abeilles, mais se déplacent individuellement, chacun attiré par des indices communs. Deux éléments ont été identifiés comme particulièrement attractifs : les couleurs sombres et le dioxyde de carbone (CO2). Si le CO2 est inévitable, il est conseillé d’éclaircir sa garde-robe d’été pour réduire les risques de piqûres.
De plus, une théorie selon laquelle certaines personnes posséderaient une « peau à moustique » a été examinée en 2022 à l’université Rockefeller. Des cobayes ont été soumis à des bas en nylon pour capter les odeurs de la peau. Les résultats ont montré que certaines personnes attiraient les moustiques jusqu’à 100 fois plus que d’autres, en raison des acides carboxyliques présents dans le sébum de leur peau.
Des biologistes ont tenté de modifier génétiquement les moustiques pour les rendre insensibles à ces odeurs, mais ces efforts ont échoué. Les moustiques possèdent une multitude de détecteurs olfactifs, rendant impossible la neutralisation de toutes les cibles olfactives. Toutefois, des recherches futures pourraient permettre de modifier l’odeur de la peau humaine en agissant sur le microbiote.
Cette étude met en lumière la complexité des interactions entre les moustiques et leur environnement, tout en soulignant les défis persistants dans la lutte contre ces vecteurs de maladies.
Source : Georgia Tech et MIT



