Un Boeing 747 à Tucson : vestige d’une aventure scientifique
Depuis la fin de l’année 2022, un Boeing 747 immobile se trouve sur le tarmac du Pima Air & Space Museum à Tucson, en Arizona. Ce modèle, un Boeing 747SP immatriculé N747NA, est marqué par une ouverture de 5,5 mètres de haut sur son flanc arrière gauche. Cette particularité n’est pas le résultat d’un accident, mais le témoin d’une des expériences scientifiques les plus ambitieuses réalisées à bord d’un avion de ligne : l’Observatoire stratosphérique pour l’astronomie infrarouge (SOFIA).
L’avion a d’abord été utilisé pour le transport commercial par PanAm et United pendant près de vingt ans avant de servir la NASA et l’agence spatiale allemande DLR pendant huit années de missions scientifiques. Le programme SOFIA, lancé en 1996, a mis quatorze ans à devenir opérationnel, avec sa première observation en 2010 et sa pleine capacité atteinte en 2014. Le Boeing a été modifié pour accueillir un télescope de 2,7 mètres, pesant plus de 17 tonnes, capable de s’ouvrir en vol.
L’objectif de SOFIA était d’observer l’univers au-dessus de la vapeur d’eau atmosphérique, qui absorbe une grande partie du rayonnement infrarouge. En volant à une altitude entre 12 000 et 13 000 mètres, l’appareil pouvait éviter 99,9 % de cette vapeur, permettant des observations précises de la Lune, des étoiles et des galaxies. Parmi les découvertes notables, on trouve la détection d’eau à la surface éclairée de la Lune en 2020.
Cependant, le coût de fonctionnement de SOFIA s’élevait à environ 85 millions de dollars par an, ce qui en faisait le deuxième budget le plus élevé de l’astrophysique de la NASA, juste derrière Hubble. En comparaison, entre 2014 et 2020, SOFIA a généré 178 publications scientifiques, tandis que Hubble et Chandra en ont produit plus de 2 700. Ce déséquilibre a conduit à la décision de la NASA de mettre fin aux opérations de SOFIA, qui ont officiellement cessé le 29 septembre 2022.
L’appareil a été transféré au Pima Air & Space Museum, un site reconnu pour abriter un grand nombre d’aéronefs. La trappe de 5,5 mètres reste visible, symbolisant les exploits d’ingénierie et les découvertes astronomiques réalisées durant ses huit années d’opérations.
Cette fin de mission suscite encore des débats au sein de la communauté scientifique, certains chercheurs continuant d’explorer les données laissées par SOFIA, ce qui montre que son héritage scientifique pourrait perdurer au-delà de son dernier vol.
Sources : vintageaviationnews.com, upi.com

