Un boa trouvé sous le capot d’une voiture à Colomiers : un cas révélateur des lacunes dans la réglementation sur les NAC
Mardi 18 août 2026, un habitant de Colomiers, au sud de Toulouse, découvre un boa de plus d’un mètre logé dans le moteur de sa voiture. L’animal, non identifié, a été confié à l’École nationale vétérinaire de Toulouse. Cette situation met en lumière les failles de la réglementation concernant les Nouveaux Animaux de Compagnie (NAC).
En ouvrant le capot de son véhicule, le propriétaire a été surpris de trouver un serpent qui s’était abrité dans le compartiment moteur. Thomas Faulmann, vétérinaire clinicien au Centre de soins de la faune sauvage de l’école vétérinaire, souligne que « c’est un serpent qui est en bonne santé, mais qui a été détenu dans des conditions non conformes à la réglementation, car il n’est pas identifié ». L’absence de puce électronique ou de tatouage constitue une infraction à la législation française.
Les serpents, au même titre que les rongeurs, les oiseaux et les poissons, font partie des NAC, dont la détention est soumise à une réglementation stricte, notamment pour les espèces exotiques. Anthony, responsable des reptiles chez Animalis à Portet-sur-Garonne, précise : « On pourra vous vendre un serpent, mais il sera numéroté pour sa traçabilité, afin de prouver qu’il n’a pas été prélevé dans la nature ».
Pour acquérir un reptile en animalerie, plusieurs conditions doivent être respectées. L’acquéreur doit être majeur ou accompagné d’un adulte. Toutefois, ces règles ne suffisent pas à rasr certaines organisations de défense des animaux. En octobre 2025, une pétition réunissant 75 associations spécialisées dans les NAC a été lancée pour interdire la vente de ces animaux en animalerie, comme c’est le cas pour les chats et les chiens. Les associations dénoncent des ventes incontrôlées qui conduisent chaque année à des milliers d’abandons, saturant les refuges.
Depuis son abandon, le boa est pris en charge par l’école vétérinaire, en attendant qu’un adoptant soit trouvé. En théorie, les animaux errants, y compris les exotiques, devraient être pris en charge par les communes. À Toulouse, en raison de l’absence de structures adaptées, ils sont recueillis par le Centre de soin pour la faune sauvage, qui traite chaque année plus de 3 500 animaux blessés. Cette situation entraîne un coût financier important, car les animaux exotiques peuvent rester hospitalisés plusieurs mois, voire plus d’un an, en attendant d’être adoptés.
Le 25 juin dernier, le centre a annoncé qu’il ne pouvait plus accueillir d’animaux, en raison d’une saturation de ses capacités. La structure cherche activement de nouveaux financements pour continuer ses missions.
Source : France 3 Régions



