Il y a 800 millions d'années, un astéroïde pulvérisé a bombardé d'impacts la Terre, la Lune et Mars

Un bombardement d’astéroïdes a frappé la Terre, la Lune et Mars il y a 800 millions d’années

Des chercheurs du Southwest Research Institute ont établi un lien entre un vaste bombardement du Système solaire interne et l’explosion d’un corps rocheux, survenue il y a environ 800 millions d’années. Cette étude, publiée en juillet 2026 dans The Planetary Science Journal, révèle que les impacts de cette époque se sont rapidement effacés sur notre planète en raison de l’érosion et de la tectonique, tandis que la Lune conserve presque intactes ces traces anciennes. Selon les chercheurs, la pluie d’astéroïdes résultant de cette fragmentation aurait touché les mondes rocheux voisins, avec un ratio de vingt impacts sur Terre pour un seul cratère lunaire.

Origine de la pluie d’astéroïdes

L’origine de cet événement cataclysmique se situe dans la ceinture principale d’astéroïdes, entre Mars et Jupiter, où un corps nommé Eulalia a percuté un autre astéroïde. Ce choc a entraîné la désintégration de la roche, juste au-dessus d’une zone particulière où un astéroïde boucle trois orbites en un temps où Jupiter n’en accomplit qu’une seule. Cette région agit comme une trappe gravitationnelle qui expulse progressivement les débris vers le Soleil.

Impact sur la Terre et la Lune

La moitié des fragments a immédiatement plongé dans cette trappe, tandis que le quart restant a attendu entre 100 et 150 millions d’années avant de se diriger vers l’intérieur du Système solaire, influencé par l’effet Yarkovsky. Ce phénomène, lié à la chaleur solaire renvoyée par les astéroïdes en rotation, a finalement provoqué une longue pluie d’impacts sur la Terre et la Lune pendant plusieurs dizaines de millions d’années.

La Terre, étant plus massive et plus large que la Lune, a attiré davantage de projectiles, ce qui a abouti à environ vingt impacts comparables sur notre planète pour chaque cratère lunaire. La plupart des cicatrices de ces impacts ont disparu, mais les échantillons de verre d’impact ramenés par les missions Apollo, ainsi que la multiplication des cratères lunaires, servent de repères pour dater cet épisode.

Conséquences environnementales

Le pic de ce bombardement coïncide avec une phase de refroidissement planétaire, caractérisée par des bouleversements biologiques. Cette période, appelée cryogénienne, a vu la glace s’étendre presque jusqu’à l’équateur, ce qui a conduit certains scientifiques à évoquer une « Terre boule de neige ». Les impacts répétés auraient pu modifier la chimie des océans et de l’atmosphère, bien que ce lien reste une hypothèse. Les chercheurs se tournent désormais vers les roches lunaires, mieux préservées, pour dater cette averse cosmique avec plus de précision.

Source : The Planetary Science Journal

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