Un animateur parisien relaxé pour agressions sexuelles sur neuf enfants de maternelle

Un animateur parisien relaxé pour agressions sexuelles sur neuf enfants de maternelle

Un animateur périscolaire a été relaxé le mardi 7 juillet à Paris, bénéficiant du doute, pour des accusations d’agressions sexuelles sur neuf enfants âgés de 3 à 5 ans, mais a été condamné à huit mois de prison avec sursis pour harcèlement sexuel sur deux collègues.

David G., 36 ans, était accusé d’avoir commis ces agressions à l’école maternelle Alphonse Baudin entre septembre 2024 et avril 2025. Le tribunal a prononcé sa relaxe en raison d’un manque d’éléments matériels suffisants, évoquant un « doute très sérieux ».

En revanche, il a été reconnu coupable de harcèlement sexuel sur deux collègues, entraînant une peine de huit mois de prison avec sursis, assortie d’une obligation de soins et d’indemnisation des victimes. Son inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles (Fijais) lui interdit toute nouvelle activité d’animateur.

Le parquet a dix jours pour faire appel

David G. était accusé d’attouchements sur les enfants, de les avoir fait asseoir sur ses genoux et d’imposer des caresses sur leurs parties intimes. Lors du procès, qui était le premier ouvert au public depuis l’éclatement d’un scandale à Paris, le parquet avait requis une peine de trois ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique. Le parquet dispose de dix jours pour faire appel de la décision.

À la barre, David G. a nié toute accusation, déclarant qu’il faudrait être « psychopathe » pour agir ainsi. Il a admis avoir pu commettre des « maladresses » dues à un « manque de formation », comme porter des enfants dans ses bras ou utiliser des surnoms affectueux.

Dans un communiqué, le tribunal a noté des variations dans les déclarations des enfants, indiquant que les témoignages avaient pu être influencés par les questions de leurs parents.

Simulacre

Le tribunal a également fait état de dépositions d’enfants qui, selon lui, soit contenaient des phrases toutes faites, soit ne faisaient état d’aucune agression sexuelle. Des parents présents à l’audience ont exprimé leur désespoir, certains pleurant et qualifiant le délibéré de « simulacre ».

Une mère a témoigné de son choc, se sentant presque coupable d’avoir porté plainte après que sa fille lui a parlé d’agressions. Elle a également dénoncé l’inefficacité du système pour enquêter sur des enfants aussi jeunes.

Un immense sentiment d’injustice

L’avocate de six familles, Me Rébecca Royer, a évoqué un « immense sentiment d’injustice », soulignant que neuf enfants avaient dénoncé des agressions sexuelles et présentaient des stigmates psychotraumatiques majeurs. Elle a critiqué la décision du tribunal, qui, selon elle, envoie un signal inquiétant sur la crédibilité des enfants.

L’affaire a suscité une vague de signalements dans la capitale, et c’est la deuxième fois qu’un procès d’animateur soupçonné d’agression sexuelle se termine par une relaxe. Le collectif SOS périscolaire a réagi, affirmant que la justice envoie un signal d’impunité.

Le collectif #MeTooEcole a également appelé à une spécialisation des magistrats pour mieux traiter les violences sexuelles commises sur les enfants.

Source : Le Nouvel Obs avec AFP

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