Ce n’est pas un jeu la vie : Adama Camara, un ancien détenu, sensibilise les jeunes à la réalité de la prison
Adama Camara, ancien condamné à 8 ans de prison pour tentative de meurtre, sillonne la France depuis sa libération avec une réplique d’une cellule de prison, surnommée « la grotte mobile ». Après avoir purgé 5 ans et demi en détention, il s’engage désormais dans la prévention auprès des jeunes des quartiers populaires.
La cellule de 9 m², équipée d’un lit superposé et de toilettes, représente les conditions de vie en prison. Camara invite les adolescents à se confronter à cette réalité, en commençant par une « conférence » où il désacralise le quotidien des détenus. « Quand on est enfermé, on est enfermé 22 heures sur 24 », explique-t-il, soulignant les difficultés et la souffrance liées à l’incarcération.
Récemment, il a intervenu dans le quartier de la Rougouière, dans le 11ème arrondissement de Marseille. Lors de cette rencontre, les jeunes ont pu visiter la cellule. Ilan, un habitant de la Rouvière, a déclaré : « C’est tout serré, il faisait chaud. en plus le pire c’est qu’on est à trois dedans. » Cette expérience vise à déconstruire les idées reçues véhiculées sur les réseaux sociaux, où certains détenus présentent une vision idéalisée de leur quotidien.
Walid, un autre adolescent, a été choqué par les conditions de vie qu’il a observées : « Les conditions de vie sont vraiment dures, presque médiocres. Ça ne va rien changer au fait que tu es quand même enfermé. »
Abdallah Kadafi, référent prévention jeunesse dans le quartier, souligne l’importance de sensibiliser les jeunes face à la violence et aux conflits : « On leur fait comprendre que c’est pas un jeu la vie, on a qu’une vie, et ça serait dommage de la perdre. »
Adama Camara évoque également son expérience personnelle, notamment le meurtre de son petit frère et les conséquences de sa quête de vengeance. Il met en garde contre la banalisation de la violence chez les jeunes, rappelant que « à partir de 13 ans, on est responsable pénalement ».
Il souhaite alerter sur un phénomène croissant à Marseille : des bagarres de jeunes, parfois dès 12 ans, de plus en plus fréquentes et violentes.
Cet article a été rédigé avec la collaboration de journalistes de France Télévisions.
