Et si la piste contre Alzheimer venait d'un acide aminé déjà connu ?

Et si la piste contre Alzheimer venait d’un acide aminé déjà connu ?

Des chercheurs japonais ont émis l’hypothèse qu’un acide aminé courant, déjà disponible en tant que complément alimentaire, pourrait ralentir des processus clés liés à la maladie d’Alzheimer. Une étude parue dans la revue Neurochemistry International indique que l’arginine pourrait réduire l’accumulation de protéines amyloïdes toxiques dans des modèles animaux de la maladie, tout en atténuant l’inflammation cérébrale.

L’arginine est un acide aminé naturel, impliqué dans la circulation sanguine, la signalisation immunitaire et la cicatrisation, dont l’innocuité a été établie dans diverses conditions médicales.

Alzheimer et la quête de traitements plus sûrs

La maladie d’Alzheimer touche plus de 50 millions de personnes dans le monde, un chiffre qui devrait augmenter avec le vieillissement de la population. L’accumulation de protéines amyloïdes dans le cerveau est l’une des caractéristiques de cette maladie. Au fil du temps, ces protéines se replient mal et s’agglutinent en plaques, ce qui est soupçonné de nuire aux neurones et de provoquer une inflammation.

Les traitements actuels, tels que les anticorps lécanémab et donanémab, visent à éliminer l’amyloïde, mais leur efficacité est souvent limitée et peut entraîner des effets secondaires graves, comme des gonflements et des saignements cérébraux.

Comment l’arginine pourrait protéger le cerveau

L’arginine agit comme un chaperon chimique, aidant les protéines à maintenir leur forme correcte et potentiellement prévenant leur mauvais repliement. L’étude a été dirigée par Kanako Fujii et Yoshitaka Nagai, de l’université Kindai à Osaka. Les chercheurs ont observé que l’arginine réduisait la formation de fibrilles d’Aβ42, l’une des formes d’amyloïde les plus susceptibles de s’agréger.

Des tests sur des mouches génétiquement modifiées et des souris ont montré que l’arginine réduisait l’accumulation d’amyloïde et limitait les dommages, avec un effet protecteur croissant selon la dose.

Une piste prometteuse, mais encore préclinique

Les chercheurs notent que l’accumulation d’amyloïde pourrait commencer 15 à 20 ans avant l’apparition des premiers symptômes de mémoire. L’arginine, étant administrable par voie orale et déjà utilisée cliniquement, pourrait être envisagée comme une stratégie préventive à long terme, notamment pour les personnes à risque génétique élevé.

Cependant, ces travaux restent au stade préclinique. Les modèles animaux ne reproduisent pas entièrement la maladie humaine, et les doses utilisées dans les études ne correspondent pas nécessairement aux compléments disponibles sur le marché. D’autres recherches, précliniques puis cliniques, seront nécessaires pour évaluer l’efficacité de l’arginine dans le ralentissement de la progression de la maladie d’Alzheimer chez les patients.

Source : Futura Sciences

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