Ulrich Siegmund : un candidat de l’AfD qui attire les foules en Saxe-Anhalt
À 35 ans, Ulrich Siegmund pourrait devenir le premier dirigeant régional d’extrême droite en Allemagne depuis 1945. Ancien vendeur de parfums d’ambiance, il a su se faire un nom grâce à sa présence sur les réseaux sociaux et à un discours qui résonne avec les frustrations des habitants de l’ex-Allemagne de l’Est.
Récemment, le magazine Der Spiegel l’a qualifié de « l’homme le plus dangereux d’Allemagne ». Malgré cette réputation, Siegmund continue de séduire le public avec son charme et son allure de gendre idéal. Lors de ses meetings à travers le Land de Saxe-Anhalt, il remplace les discours traditionnels par des interactions directes, transformant chaque événement en véritable bain de foule. Les couvertures du Spiegel qu’il dédicace se vendent même sur eBay, témoignant de son attrait.
Siegmund se présente comme un homme qui aime son pays et souhaite le remettre sur le droit chemin. Lors d’un meeting à Bad-Dürremberg, il a déclaré : « Si ce n’est pas un criminel, ni un terroriste, ni un assassin qui est considéré comme l’homme le plus dangereux d’Allemagne, mais moi, ça se passe de commentaire. » La foule, enthousiaste, l’acclame comme une véritable pop-star.
Né trois semaines après la réunification allemande, Siegmund a d’abord suivi une formation de vendeur, avant d’obtenir un bachelor en économie et en psychologie de la vente. Il a fondé une société de parfums d’ambiance à Berlin, puis a fait ses premiers pas en politique en rejoignant la CDU à l’âge de 18 ans. En 2014, il a intégré l’AfD, un an après la création du parti, et a su capitaliser sur ses racines est-allemandes.
Il se décrit souvent comme le « petit-fils de trois réfugiés », évoquant les Allemands expulsés de l’Est après la Seconde Guerre mondiale. Son discours, qui critique les réfugiés actuels en les comparant à sa propre famille, trouve un écho favorable parmi les électeurs de l’Est, où il met en avant un récit d’Allemands travailleurs qui se sentent lésés par l’État.
Avec une telle dynamique, Siegmund pourrait bien redéfinir le paysage politique régional en Saxe-Anhalt, en puisant dans les ressentiments historiques et sociaux des électeurs.
Source : Der Spiegel

