En Turquie, le Parlement adopte une loi historique sur la réintégration des combattants du PKK

En Turquie, le Parlement adopte une loi historique sur la réintégration des combattants du PKK

Le Parlement turc a adopté, en soirée, la « Loi sur le renforcement de la solidarité nationale et de l’intégration sociale » à une large majorité de 468 voix sur 562, après douze heures de débat. Ce texte encadre le retour à la vie civile des combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui renoncent aux armes, sans toutefois prévoir d’amnistie générale ni aborder le sort d’Abdullah Öcalan, le fondateur et chef historique de la guérilla kurde, emprisonné depuis 1999.

Conscient des réticences d’une opinion publique turque marquée par un conflit ayant causé au moins 50 000 morts depuis 1984, le gouvernement a insisté sur le fait que cette loi ne constitue pas une amnistie générale. L’initiative a reçu le soutien tant de l’opposition que des partis au pouvoir.

La présidence turque a salué cette adoption comme un « signe important vers la mise en œuvre d’une Turquie sans terrorisme ». Burhanettin Duran, directeur de la communication présidentielle, a exprimé que cette étape historique renforcera la paix, l’unité et l’intégrité du pays.

10 000 détenus

La loi, portée notamment par le Parti de la justice et du développement (AKP) et le parti pro-kurde DEM, prévoit de suspendre les poursuites et l’exécution des peines pour certaines infractions pendant une période de cinq à dix ans. Environ 3 500 ex-membres de la guérilla, parmi les près de 10 000 détenus dans les prisons turques, pourraient être libérés lors d’une première phase, selon des députés.

Les enquêtes seront classées et les peines considérées comme purgées en l’absence de récidive durant ce sursis. Cependant, les auteurs des crimes les plus graves, tels que les homicides volontaires, seront exclus de ce mécanisme.

Le vice-président turc, Cevdet Yilmaz, a affirmé que le sort d’Öcalan « ne relève pas de cette loi », tout en précisant qu’il pourrait continuer à contribuer au processus de paix.

Les débats, retransmis par la chaîne publique TRT, ont été marqués par des tensions. Des voix se sont élevées contre la négociation avec le PKK, tandis que d’autres, comme le chef du Yeni Parti, ont souligné l’importance de la paix et de la justice pour la Turquie.

Les responsables du PKK ont dénoncé les « graves erreurs et lacunes » de la loi, affirmant qu’elle ne résoudrait pas la question kurde dans son ensemble, tout en continuant de réclamer la libération d’Abdullah Öcalan.

Source : Le Télégramme.

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