Turnberry : L’accord commercial UE-États-Unis qui n’a jamais vu le jour
Le processus décisionnel à Bruxelles est souvent complexe, et les récents développements concernant un accord commercial entre l’Union européenne (UE) et les États-Unis ont ajouté à cette confusion. Bien que des titres annoncent régulièrement la « fin des négociations » sur cet accord, il apparaît que les discussions sont loin d’être conclues.
L’accord commercial UE-États-Unis est un enjeu majeur sur la scène internationale. Cependant, les récents échanges à Bruxelles laissent penser que la guerre commerciale transatlantique est loin d’être terminée.
Contexte factuel
L’ancien président américain Donald Trump a toujours considéré que les relations commerciales des États-Unis étaient « injustes », en raison notamment d’un excédent commercial en faveur de l’UE sur les marchandises. Bien que les États-Unis affichent un excédent dans le domaine des services, Trump ne le considère pas comme un commerce « réel ». De plus, il a souvent mis en avant les normes de production de l’UE qui interdisent certains produits, comme le poulet lavé au chlore ou le bœuf traité aux hormones, ainsi que la faible demande pour les voitures américaines en Europe.
En juillet dernier, un accord informel a été conclu à Turnberry, en Écosse, stipulant une réduction des droits de douane à 15 % si l’UE ramenait ses propres droits à zéro. Cependant, cet accord n’était pas un véritable accord de libre-échange, mais plutôt une déclaration politique engageant l’UE à réduire ses droits de douane et à acheter des milliards d’énergie américaine.
Données ou statistiques
Le Parlement européen a exprimé des réserves concernant cet accord, en particulier après que Washington a semblé violer ses engagements en augmentant les droits de douane sur certains produits en acier et en aluminium. Le négociateur en chef socialiste, Bernd Lange, a insisté pour des mes de sauvegarde plus strictes, telles qu’une « sunrise clause » qui obligerait la Commission à suspendre les réductions tarifaires de l’UE si les États-Unis ne respectaient pas leurs engagements.
Conséquence directe
Malgré un compromis obtenu lors de récentes négociations, l’accord doit encore être soumis à un vote final au Parlement et approuvé par les États membres. Les inquiétudes persistent quant à la durabilité de cet accord, et il est probable que les tensions commerciales entre l’UE et les États-Unis continueront d’exister.
Source : Euractiv.