S’emparer des élections : la dernière carte de Trump pour les midterms
Le 16 juillet, lors d’une déclaration depuis la Maison-Blanche, Donald Trump a dénoncé un « système électoral tellement brisé et vulnérable que personne ne peut le défendre ». Il a accusé la Chine d’avoir influencé l’élection de 2020, soutenant que cette nation avait obtenu 220 millions de données électorales. Trump a ainsi exprimé son intention de sécuriser le vote avant les élections de mi-mandat de novembre, qui s’annoncent difficiles pour son parti.
Cette rhétorique s’inscrit dans un contexte où l’inflation et l’augmentation des prix du logement demeurent des préoccupations majeures. La guerre en Iran a également des répercussions, avec une hausse de plus de 35 % du prix de l’essence par rapport à l’année précédente. Les républicains pourraient perdre la Chambre des représentants, comme cela s’est produit en 2018, tandis que le Sénat reste incertain. Les démocrates pourraient remporter des sièges supplémentaires, ce qui leur donnerait la possibilité d’entamer une procédure de destitution, nécessitant les deux tiers des voix au Sénat.
Pour maintenir son influence, Trump pourrait faire pression sur les nominations des candidats et faire de la sécurisation du vote un thème central de sa campagne. L’administration Trump cherche à modifier la gestion des élections par le biais du SAVE America Act, qui imposerait des exigences de preuve de citoyenneté pour voter. Ce projet de loi, cependant, est bloqué au Sénat, où le soutien nécessaire n’est pas assuré.
Un enjeu crucial pourrait également résider dans la gestion des données électorales. La sécurisation numérique du système électoral pourrait impliquer des entreprises comme Palantir, qui centralisent des données fédérales. Si cette société intervenait dans l’administration des élections, cela pourrait renforcer son pouvoir au sein de l’appareil étatique américain.
Derrière les élections de mi-mandat se joue donc une transformation profonde de l’État américain, marquée par des tentatives de créer une structure fédérale partisane de certification des élections.
Source : Revue Conflits.



