Trois citoyens américains d’origine camerounaise condamnés pour soutien à des séparatistes
Trois citoyens américains d’origine camerounaise ont été condamnés, le 26 août, par un tribunal fédéral de Kansas City, pour avoir apporté leur soutien aux activités criminelles des séparatistes des régions anglophones du Cameroun. Francis Chenyi, âgé de 52 ans, et Lah Nestor Langmi, 49 ans, ont reçu une peine de quinze ans de prison, tandis que Claude Ngenevu Chi, 43 ans, a été condamné à cinq ans de détention.
Tous trois ont été reconnus coupables en décembre dernier de complot visant à fournir un soutien matériel ou des ressources destinés à tuer, enlever et mutiler des personnes, ainsi qu’à utiliser des armes de destruction massive, dans les régions anglophones du Cameroun, à savoir le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.
Lah Nestor Langmi a été arrêté en 2022 à la suite d’une enquête du FBI, qui a révélé qu’il avait envoyé un message audio demandant à des séparatistes d’enlever un chef traditionnel. Ce dernier, le cardinal Christian Tumi, se trouvait à proximité lors de la capture. Francis Chenyi a été impliqué dans la transmission des questions que les ravisseurs devaient poser aux otages.
Les accusés ont également été condamnés pour des transactions liées à des rançons après des enlèvements, ainsi que pour avoir organisé l’achat et la formation de séparatistes à l’utilisation d’engins explosifs.
Lors du procès, le procureur a souligné que « que vous commettiez un crime ici ou que vous souteniez une activité illégale à l’autre bout du monde, vous serez tenus responsables ». Ces condamnations sont perçues comme un « rappel salutaire ». L’avocat Félix Agbor Balla, figure de la société civile anglophone au Cameroun, a déclaré qu’« aucune cause ne justifie les attaques contre les civils », tout en appelant à ne pas négliger les « griefs politiques réels à l’origine d’un conflit qui dure depuis bientôt dix ans ».
Pour M. Balla, « l’obligation de rendre des comptes doit s’appliquer à tous les auteurs d’exactions, y compris au sein des forces gouvernementales ».
Source : RFI

