On pensait que le danger d'Apollo venait de l'espace : trois astronautes sont morts en 1967 sans jamais quitter le sol

On pensait que le danger d’Apollo venait de l’espace : trois astronautes sont morts en 1967 sans jamais quitter le sol

Le 27 janvier 1967, un test de routine à la NASA s’est transformé en tragédie lorsque les astronautes Virgil « Gus » Grissom, Edward H. White II et Roger B. Chaffee ont perdu la vie à bord de la capsule Apollo 1. Cet incident, survenu à Cap Canaveral, a révélé des failles majeures dans le programme spatial américain.

Ce jour-là, les astronautes effectuaient un « plugs-out test », une répétition générale avant un lancement prévu trois semaines plus tard. La fusée était dépourvue de carburant, et aucune menace apparente ne pesait sur l’exercice. Cependant, des problèmes techniques avaient déjà été signalés lors des tests précédents, créant une atmosphère tendue dans la salle de contrôle.

À 18h31, une surtension électrique a provoqué un incendie dans la cabine. L’atmosphère, constituée d’oxygène pur sous pression, a intensifié rapidement la combustion. Les astronautes ont tenté de signaler le feu, mais la communication a été interrompue. En seulement dix-sept secondes, la pression à l’intérieur a rendu impossible l’ouverture de la trappe, conçue pour s’ouvrir vers l’intérieur.

L’enquête a révélé que des câbles électriques dénudés avaient été identifiés avant l’incident, mais aucune action n’avait été prise. Un mémo de mai 1966 avait déjà alerté sur ces problèmes, mais les défauts de la capsule, au nombre de 1 407, avaient été ignorés. Grissom lui-même avait exprimé ses inquiétudes sur la sécurité du matériel, allant jusqu’à suspendre un citron dans la salle de simulation pour illustrer son désarroi.

Suite à cette tragédie, la NASA a révisé la conception des capsules, retirant les matériaux inflammables et renforçant le câblage électrique. Une nouvelle trappe a été conçue pour s’ouvrir vers l’extérieur, et l’atmosphère de la cabine a été ajustée pour réduire les risques d’incendie. Bien que ces changements aient entraîné un retard de dix-huit mois dans le programme Apollo, ils ont permis d’augmenter la sécurité des missions ultérieures, notamment celle d’Apollo 11.

Cette tragédie souligne que le danger en exploration spatiale ne se limite pas aux défis du vide ou du lancement. Parfois, des détails techniques négligés peuvent avoir des conséquences fatales. Alors que l’humanité se prépare à retourner sur la Lune et à explorer Mars, cette leçon reste d’une importance cruciale.

Source : SciencePost.fr

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