Triple meurtre dans Rosemont : Les proches des victimes critiquent le système de santé
En psychose, Arthur Galarneau a tué sa mère, son père et sa grand-mère en 2023. Un carnage épouvantable. Depuis, leurs proches subissent une « sentence à vie ». Ils montrent du doigt le « système » pour avoir laissé une telle bombe à retardement en société, malgré leurs appels à l’aide.
« Je vis avec une rage sourde envers le système qui n’a pas su aider Arthur », écrit la représentante de la famille Lamoureux dans une lettre présentée au tribunal lundi au palais de justice de Montréal. Dans une salle bondée, des proches des victimes ont partagé leur deuil et leur colère, témoignant de l’impact émotionnel de cette tragédie.
Le 17 mars 2023, Arthur Galarneau a tué ses parents, Mylène Gingras et Richard Galarneau, ainsi que sa grand-mère Francine Gingras-Boucher. Leur logement de la rue Bélanger à Montréal a été le théâtre d’une scène d’horreur, où le tueur a tranché la gorge de ses victimes et leur a asséné 200 coups de couteau, dont 137 à sa mère.
Galarneau, âgé de 23 ans, a été déclaré non criminellement responsable en raison de troubles mentaux. Selon le psychiatre Gilles Chamberland, il souffre de schizophrénie et présentait des idées délirantes, des hallucinations et des symptômes psychotiques qui l’empêchaient de discerner le bien du mal.
La Couronne souhaite désormais le faire déclarer « accusé à haut risque », ce qui permettrait de restreindre ses sorties de l’institut psychiatrique. Les proches des victimes sont hantés par la possibilité de revoir Galarneau en liberté, ce qui complique leur processus de deuil.
Geneviève Blais, tante par alliance du tueur, décrit la tragédie comme un cratère « impossible à franchir ». Elle et d’autres membres de la famille expriment leur colère envers un système qu’ils estiment protéger les bourreaux. Meredith Blanchard, l’ex-copine de Galarneau, partage également cette colère, affirmant que ses appels à l’aide n’ont pas été pris au sérieux.
Deux jours avant la tragédie, Mylène Gingras a consulté un psychiatre avec son fils, mais ce dernier a refusé le traitement. La famille Galarneau souligne qu’ils ont fait tout leur possible pour aider Arthur, mais que le système les a laissés choir.
La famille Lamoureux plaide pour un meilleur encadrement des personnes souffrant de problèmes de santé mentale, affirmant que les proches aidants devraient être protégés lorsqu’ils se sentent en danger.
La suite de l’audience est prévue à la fin du mois d’août, avec Me Jade Coderre et Me Caroline Larouche représentant le ministère public, tandis que Me Fannie Lacroix et Me David Leclair défendront le délinquant.
Source : La Presse