Tribunal de Créteil : « On attend que vous percutiez un enfant, comme ça, on se retrouve aux assises ? »
Mohamed, 26 ans, serrurier de profession, comparaît devant la 12e chambre correctionnelle du tribunal de Créteil pour deux refus d’obtempérer, dont il conteste un. Son casier judiciaire, qui suscite l’inquiétude des juges et de la procureure, révèle un parcours de délinquant routier multirécidiviste.
Les faits se déroulent dans la nuit du 9 juillet. Une patrouille de police aperçoit un véhicule arrêté en pleine voie, où se trouvent un conducteur et une passagère en train d’inhaler du protoxyde d’azote. Lors du contrôle, le conducteur redémarre en trombe, déclenchant une course-poursuite à Vitry-sur-Seine, où il effectue des manœuvres dangereuses, notamment des embardées et des contacts avec les glissières de sécurité. Mohamed parvient à échapper aux policiers.
Quelques heures plus tard, il est de nouveau repéré, mais cette fois au volant de sa voiture, toujours en train d’inhaler du protoxyde d’azote. Une nouvelle tentative de fuite échoue, et il est finalement interpellé à 7 heures du matin.
Mohamed reconnaît un refus d’obtempérer, mais conteste le second. Il affirme que ce n’était pas lui au volant lors de ce dernier incident et soutient qu’il ne consommait pas de substances au moment des faits. Cependant, un éthylotest effectué plus tard dans la journée indique un taux d’alcool de 0,84 mg par litre de sang.
Le casier judiciaire de Mohamed, débutant en 2020, totalise huit condamnations, toutes liées à des infractions au code de la route, dont conduite sous l’emprise d’alcool et sans permis. Les peines se sont intensifiées, allant d’amendes à des peines de prison avec sursis.
La présidente du tribunal, visiblement préoccupée, interroge Mohamed sur ses attentes concernant ses comportements à risque. Elle souligne le risque potentiel de causer des accidents graves, notamment en percutant un enfant, et évoque la possibilité d’une peine plus sévère.
La procureure requiert 30 mois de prison ferme et une interdiction de conduire pendant deux ans, qualifiant Mohamed de « vrai délinquant routier ». L’avocat de la défense plaide pour une relaxe concernant la conduite sous alcool et demande une clémence pour le refus d’obtempérer, mais anticipe une peine significative en raison des antécédents de son client.
Le tribunal délibérera ultérieurement sur la peine à infliger à Mohamed.
Source : Actu Juridique


