“Nous sommes obligés de trier des enfants en danger. Alors qu’ils sont tous en danger” : une journée avec les magistrats et enquêteurs

Nous sommes obligés de trier des enfants en danger. Alors qu’ils sont tous en danger : une journée avec les magistrats et enquêteurs

Mardi 30 juin 2026, au tribunal judiciaire de Soissons, la substitut du procureur, Karen (prénom modifié), se retrouve immédiatement confrontée à une journée chargée. À peine entrée dans son bureau, elle reçoit un appel de la gendarmerie concernant une attaque à la voiture-bélier dans un magasin d’électronique. Elle ordonne aux enquêteurs de récupérer les images des caméras de surveillance et de rechercher d’éventuels témoins.

Peu après, un autre appel retentit, cette fois du commissariat, pour informer de la fin de la garde à vue d’un homme de 29 ans, accusé d’exhibition sexuelle. Faute de preuves tangibles, Karen décide de classer l’affaire. Ce type de situation n’est pas isolé ; elle fait partie d’une routine quotidienne.

Dans son bureau, une liste de dossiers classés par couleur attire son attention. Les dossiers rouges, indiquant l’urgence, concernent des violences sexuelles sur mineurs. Karen remarque qu’ils sont particulièrement nombreux. Le 7 juin, trois jours après la découverte du corps de Lyhanna, une fillette de 11 ans, dans le Gers, la pression sur les magistrats s’est intensifiée.

Le traitement des affaires de violences sexuelles sur mineurs est devenu une priorité, mais les ressources restent limitées. En 2023, 203 000 plaintes pour violences sexuelles ont été enregistrées en France, dont une part significative concerne des mineurs, selon des données officielles.

Cette situation souligne un dilemme : les magistrats et enquêteurs doivent trier les cas en fonction de leur urgence, alors que chaque enfant en danger mérite une attention immédiate. La réalité du terrain est marquée par une tension constante, où chaque décision peut avoir des conséquences dramatiques.

Source : Le Nouvel Observateur

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