Ça prend le pas sur l’intérêt général : pourquoi les travaux de 8 millions d’euros du centre de soins sont-ils bloqués ?

Malgré un financement intégralement assuré par le centre Delestraint-Fabien de Penne-d’Agenais, un recours bloque l’extension et la modernisation des locaux de l’établissement spécialisé dans les soins de suite et de réhabilitation (SSR). Élus et soignants dénoncent une situation ubuesque. Voici les contours du projet et les points de blocage.

C’est un lieu unique, niché dans le cadre apaisant de Ferrié à Penne-d’Agenais. Chaque année, 700 patients y suivent des soins de rééducation, encadrés par une équipe d’une soixantaine de professionnels de santé et d’agents hospitaliers. Le centre Delestraint-Fabien, créé à l’initiative des résistants à la fin de la Seconde Guerre mondiale, a pour but de fournir des soins et de la convalescence.

Depuis 1972, l’association du domaine de Ferrié gère le site au profit de l’Anacr (l’Association nationale des Anciens combattants). Bien qu’un projet d’extension de 1 700 m², entièrement autofinancé à hauteur de 8 millions d’euros, ait été élaboré, le chantier est gelé par un recours juridique contre son permis de construire, déposé par cette même association.

Une table ronde, initiée par la sénatrice Christine Bonfanti-Dossat, a réuni élus, direction et personnel pour discuter des enjeux cruciaux de ce projet de santé publique, désormais entravé par un conflit jugé « contre-productif ». Les bâtiments actuels, inchangés depuis 1998, ont atteint leurs limites structurelles. La modernisation est devenue une nécessité face aux nouvelles exigences réglementaires.

Le projet vise à développer l’hospitalisation à temps partiel ou de jour, une réponse indispensable dans un territoire rural touché par la désertification médicale. Avec des listes d’attente qui s’allongent et la fermeture de structures similaires dans les départements voisins, l’extension du centre est perçue comme essentielle pour garantir une prise en charge de proximité efficace.

L’association bailleresse a déposé un recours en référé, son président, Guy Victor, précisant que ses membres ne sont pas contre le projet, mais qu’ils auraient souhaité être consultés. Il évoque un manque de concertation et des préoccupations concernant l’harmonie du site, notamment à cause d’une toiture végétalisée sur l’extension.

Les élus locaux déplorent que cet entêtement prenne le pas sur l’intérêt général, alors que les entreprises locales attendent le début des travaux, initialement prévu en mars, dans un contexte économique difficile. Le personnel soignant, confronté à des conditions de travail précaires, appelle au dialogue pour débloquer ce projet majeur.

Les plans, élaborés par le groupe François de La Serre, sont prêts. La construction de l’extension devrait durer 16 mois, accompagnée de la création d’un nouveau parking de 70 places, suivie de 10 mois supplémentaires pour rénover et réaménager l’existant.

Source : La Dépêche

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *