Travailleurs humanitaires : « Si je ne le fais pas, qui va le faire ? »

Travailleurs humanitaires : « Si je ne le fais pas, qui va le faire ? »

« Si vous voulez les tuer, commencez par moi. » Ces mots, prononcés par un chef de village, ont sauvé la vie d’Emmanuel Madragule et de son collègue Hubert Amani lors d’une mission humanitaire en Ituri, en République Démocratique du Congo (RDC). Alors qu’ils évaluaient les besoins d’une communauté touchée par la violence, un groupe armé les a menacés. Grâce à l’intervention du chef du village, ils ont pu quitter les lieux sains et saufs.

Basés à Bunia, la capitale de l’Ituri, Emmanuel et Hubert travaillent dans une région où les besoins humanitaires sont considérables. Plus d’un million de personnes sont déplacées, et l’accès aux services de base est limité. Bunia est également l’épicentre de l’épidémie d’Ebola la plus meurtrière que le pays ait jamais connue.

Une visite dans une communauté coupée de l’aide

En juin 2024, l’équipe d’OCHA s’est rendue dans un village près de Djugu, qui n’avait reçu aucune assistance depuis 2018. Les membres de l’équipe ont été accueillis chaleureusement, mais ont constaté que la population buvait une eau impropre, une situation inacceptable au XXIe siècle. Alors qu’ils échangeaient avec les habitants, un villageois a averti Emmanuel de quitter les lieux en raison de l’arrivée d’un commandant de groupe armé.

Après une tentative d’évasion, Emmanuel et ses collègues ont été confrontés à des menaces armées, mais ont réussi à quitter le village grâce à l’aide des villageois.

Les risques croissants pour les humanitaires

Les émotions vécues lors de cette attaque sont encore vives pour Emmanuel et Hubert. Au cours des sept premiers mois de 2026, plus de 60 attaques contre le personnel humanitaire ont été enregistrées en RDC, entraînant la mort de huit humanitaires, principalement dans les provinces de l’est. Les attaques de drones ajoutent une nouvelle dimension aux dangers auxquels ces travailleurs font face.

« Quand je quitte le bureau pour aller sur le terrain, je me prépare à tout », explique Emmanuel. « Si je ne le fais pas, qui va le faire ? »

Pourquoi ils continuent

L’attaque n’a pas découragé Hubert. Au contraire, cela a renforcé son engagement. « Si une seule vie est sauvée grâce à ce que nous faisons, alors cela en vaut la peine », souligne-t-il. Emmanuel partage ce sentiment, affirmant que son engagement humanitaire est personnel, ayant lui-même bénéficié de l’aide humanitaire dans le passé.

Les besoins demeurent

Dans l’est de la RDC, les missions humanitaires se déroulent dans un environnement de plus en plus dangereux, exacerbée par l’épidémie d’Ebola. Les communautés confrontées à des besoins persistants peinent à faire confiance aux équipes médicales et aux mes de santé publique mises en place.

Malgré ces défis, les humanitaires poursuivent leur action. À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, le Coordonnateur humanitaire en RDC, Damien Mama, a appelé au respect du droit international humanitaire. « Protéger les humanitaires, c’est protéger l’accès à l’aide », a-t-il déclaré.

Source : OCHA

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