Transparence salariale : Les femmes vont-elles oser poser des questions à leur employeur ?
Le gouvernement français se prépare à transposer une directive européenne sur la transparence salariale, visant à réduire les inégalités de rémunération entre les femmes et les hommes. Cependant, une question persiste : les femmes vont-elles saisir cette opportunité pour interroger leur employeur sur leurs salaires ?
Un sondage récent mené par l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) révèle que 40 % des femmes se disent peu ou pas du tout à l’aise pour demander des informations sur le niveau de rémunération moyen des salariés effectuant un travail équivalent. En comparaison, seulement 32 % des hommes partagent ce sentiment. Cette crainte de poser la question est souvent liée à la peur d’être mal perçue par la hiérarchie ; 57 % des femmes cadres expriment cette appréhension, contre 46 % des hommes.
En outre, près de 40 % des femmes estiment que poser cette question ne changera rien à leur situation salariale, un sentiment partagé par seulement 30 % des hommes. Cette résignation est attribuée à leur perception des inégalités salariales, suggère Hélène Garner, directrice des études à l’APEC. Les femmes ont l’impression de devoir fournir davantage d’efforts pour obtenir une augmentation, et elles obtiennent moins souvent satisfaction lorsque cela est demandé.
Des progrès ont été réalisés au fil des ans, avec une réduction d’un tiers des inégalités salariales en 30 ans, selon l’INSEE. Cependant, les inégalités stagnent actuellement, les hommes gagnant en moyenne 6,8 % de plus que les femmes à profil équivalent. Ce chiffre n’a que peu diminué depuis 2017, malgré l’introduction d’un index sur l’égalité professionnelle. Les écarts de rémunération se manifestent dès le début de la carrière et augmentent avec l’âge, atteignant 12 % après 55 ans.
Ainsi, bien que la législation sur la transparence salariale pourrait offrir un cadre propice à l’égalité, des obstacles psychologiques et structurels persistent. Les femmes devront-elles surmonter ces réticences pour faire valoir leurs droits à l’égalité salariale ?
Source : APEC, INSEE