Transmission des baby-boomers : un bouleversement imminent sur le marché immobilier
Les baby-boomers, nés entre 1946 et 1964, détiennent près de 50 % des logements en France. Au cours des quinze prochaines années, une part significative de ces biens sera transmise aux générations suivantes, par héritage ou donation, entraînant une transformation majeure du marché immobilier.
Actuellement, de nombreux agents immobiliers constatent une augmentation des demandes liées à la vente de biens hérités. En moyenne, les héritiers touchent un bien à 52 ans, un âge en hausse par rapport aux 40 ans enregistrés en 1980. À cet âge, la plupart des héritiers possèdent déjà leur propre logement et sont souvent éloignés géographiquement du bien hérité, rendant la gestion de celui-ci peu attrayante. De plus, les héritiers sont généralement plusieurs sur un même bien, et la vente devient la solution la plus simple pour partager équitablement l’héritage.
Les contraintes financières liées à l’impôt sur les successions, à régler dans les six mois suivant le décès, poussent également à la vente. Pour un bien évalué à 500 000 euros, le montant de l’impôt peut être conséquent, incitant de nombreux héritiers à vendre pour couvrir ces frais.
Par ailleurs, la qualité de nombreux logements hérités laisse à désirer. En effet, ces biens, souvent mal isolés et en mauvais état, se vendent généralement 15 à 25 % moins cher que des logements rénovés. Les logements notés F ou G, qui seront interdits à la location à partir de 2028, posent également un défi en matière de rentabilité locative.
Une fois ces biens vendus, l’argent des successions circulera. Une partie des héritiers choisira de conserver cet argent pour leur retraite, tandis que d’autres le redistribueront à leurs enfants, diluant ainsi la somme initiale. Ce phénomène renforcera les inégalités, car les familles déjà aisées reçoivent trois fois plus de donations et d’héritages que les autres.
Les successions vont s’accélérer au cours des quinze prochaines années, et cette dynamique pourrait entraîner une dévaluation de certains biens, notamment ceux nécessitant des travaux importants ou situés dans des zones moins recherchées.
Source : Journal du Net


