Transhumance interdite : des animaux bloqués à la ferme au Pays basque
Au Pays basque, dans les Pyrénées-Atlantiques, plusieurs éleveurs bovins continuent de refuser la vaccination contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Ces éleveurs ont été convoqués par les gendarmes et menacés de lourdes amendes. De plus, l’administration leur interdit tout déplacement de leurs animaux, y compris vers l’abattoir, ce qui entraîne une suspension de leur activité.
Actuellement, une quinzaine d’éleveurs, membres du collectif « paysans libres », persistent dans leur refus de vacciner leurs bêtes. Eñaut Harispuru, éleveur à Bunus, déclare : « La DNC est une maladie qui n’est pas dangereuse pour l’homme, pas transmissible donc pourquoi on nous impose un vaccin ? » Les membres du collectif doutent également des effets secondaires du vaccin, arguant qu’« personne ne peut nous attester qu’il n’y en a pas ».
La DNC, détectée pour la première fois en France en janvier 2025, a été éradiquée depuis le 2 janvier dernier, sans nouveaux foyers signalés, selon le ministère de l’Agriculture. Malgré cela, les éleveurs estiment que l’immunité vaccinale est atteinte au-delà de 70 % des cheptels vaccinés, alors qu’ils affirment que le taux est actuellement supérieur à 98 %.
Cette situation a des conséquences économiques notables pour les éleveurs. L’interdiction de déplacer leurs bovins empêche la transhumance et la vente de viande depuis début mars. Harispuru souligne : « C’est très grave, on est dans une situation de mort économique, sans rentrée d’argent, avec des naissances et donc un troupeau qui augmente, sans possibilité de vendre. » De plus, il fait face à des coûts d’alimentation accrus, devant puiser dans ses réserves de foin.
Les éleveurs ont récemment reçu des convocations pour des auditions libres par la police. Harispuru rapporte avoir appris qu’il risque une amende de 1 500 euros, plus 750 euros par animal non vacciné, ce qui pourrait atteindre 30 000 euros pour lui. Ils dénoncent également une pression exercée par les forces de l’ordre sur leurs exploitations.
Les éleveurs du Pays basque attendent maintenant des clarifications sur leur situation, alors que des convocations judiciaires pourraient être à venir pour statuer sur les amendes.
Source : France 3 Aquitaine
