Traitement de substitution aux opiacés : une diminution importante de la mortalité

Traitement de substitution aux opiacés : une diminution significative de la mortalité

Une étude rétrospective française, récemment publiée dans le Lancet Public Health, révèle que la buprénorphine, largement utilisée comme traitement de substitution aux opiacés en France, pourrait réduire le risque de mortalité par six chez les patients suivis en soins primaires.

Cette recherche aborde le lien entre le traitement par agonistes opioïdes (TAO) et la mortalité toutes causes confondues, en se concentrant sur l’utilisation de la buprénorphine. L’objectif principal était d’évaluer le risque de mortalité chez les patients français sous TAO, en tenant compte de la durée du traitement.

Méthode

L’étude, qui s’appuie sur le Système National de Données de Santé (SNDS), a inclus des patients âgés de 15 ans et plus ayant commencé un traitement par agoniste opioïde entre le 1er janvier 2010 et le 31 décembre 2022, avec au moins deux prescriptions consécutives. Les données collectées comprenaient des informations sur l’âge, le sexe, l’indice de défavorisation, les comorbidités médicales et les traitements concomitants. Le critère principal d’évaluation était la mortalité toutes causes confondues à un an, avec des évaluations supplémentaires à deux, cinq et sept ans.

Résultats

L’étude a examiné 175 191 patients sous traitement de substitution aux opioïdes (TSO), comprenant 75 % d’hommes et 25 % de femmes, avec une durée médiane de suivi de 3 320 jours. La majorité des patients recevaient de la buprénorphine (65,2 %) ou une combinaison de buprénorphine et naloxone (3,4 %). Les résultats montrent que l’utilisation d’un TSO était associée à une réduction du risque de mortalité toutes causes confondues à un an, cette tendance se maintenant à deux ans. De plus, le TSO était lié à une mortalité plus faible pour certaines causes, telles que les traumatismes, les surdoses accidentelles et les suicides. L’association était particulièrement marquée pour la buprénorphine, qui affichait un risque de décès toutes causes confondues six fois plus faible à un an.

Interprétation

Cette étude met en lumière une réduction significative du risque de mortalité associée au traitement par buprénorphine dans une large cohorte de patients. Financée par le groupement d’intérêt scientifique Epi-phare et dirigée par la Pr Julie Dupouy, cette recherche soutient l’importance d’un accès facilité à ce traitement en France. Il est à noter que la buprénorphine est le traitement de référence et peut être prescrite par n’importe quel médecin généraliste, contrairement à la méthadone, qui nécessite un suivi spécialisé.

Source : Lancet Public Health

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