Du Togo au Moyen-Orient, des réseaux de traite et des vies brisées

Du Togo au Moyen-Orient : des réseaux de traite et des vies brisées

FAIT PRINCIPAL
Christelle (nom d’emprunt), une jeune Togolaise de 22 ans, a été victime de traite des êtres humains après avoir été recrutée pour travailler comme domestique à Oman. Son histoire, révélatrice d’une réalité tragique, illustre les dangers auxquels sont confrontées de nombreuses femmes Togolaises en quête d’une vie meilleure à l’étranger.

CONTEXTE FACTUEL
En 2021, Christelle est incitée par sa mère, déjà domestique à Oman, à la rejoindre avec la promesse d’un salaire trois fois supérieur au salaire minimum togolais (35 000 F CFA, environ 53 euros). Elle contacte un individu, Laré Damili, se présentant comme un agent de voyage. Après avoir payé 300 000 F CFA pour ses services, elle embarque depuis Lomé.

À son arrivée à Mascate, son passeport est confisqué par sa patronne. Elle découvre rapidement que les conditions de travail sont extrêmement difficiles, avec des journées s’étendant de 4 heures du matin jusqu’à 23 heures. Malgré sa maladie, elle est contrainte de travailler, car sa famille d’accueil prétend avoir investi beaucoup d’argent pour son arrivée.

DONNÉES OU STATISTIQUES
Le Code pénal togolais définit la traite des êtres humains comme « le fait de recruter, de transporter, de transférer, d’héberger ou d’accueillir des personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d’autres formes de contrainte ». En 2015, les autorités togolaises ont mis en place un communiqué stipulant qu’un contrat devait être signé avant tout départ pour travailler au Liban, avec validation par le ministère des Affaires étrangères. Les intermédiaires qui ne respectent pas cette règle peuvent encourir jusqu’à 30 ans de prison.

CONSÉQUENCE DIRECTE
Christelle est finalement accusée de sorcellerie par ses employeurs, condamnée à huit mois de prison, puis rapatriée grâce à l’association Mouvement Martin Luther King (MMLK) et au ministère des Affaires étrangères togolais. Son histoire n’est pas unique ; de nombreuses femmes Togolaises subissent des abus similaires, illustrant l’ampleur d’un réseau de traite des êtres humains qui continue de prospérer malgré les efforts des autorités.

SOURCE
Afrique XXI.

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