L’anglais prend-il trop de place dans les annonces des CFF ?
L’anglais semble de plus en plus prévaloir sur les langues nationales dans les annonces des Chemins de fer fédéraux suisses (CFF). Le conseiller national PLR vaudois, Daniel Ruch, a interpellé le Conseil fédéral sur cette question, suggérant que deux langues nationales devraient être prioritaires dans les communications.
Dans les gares et à bord des trains, les annonces sont généralement diffusées dans la langue locale, suivies souvent de traductions en anglais. Selon Daniel Ruch, cet ordre des langues se fait au détriment des autres langues nationales, notamment l’italien. « L’anglais ne s’ajoute pas aux langues nationales. Il en remplace une. C’est ça le problème », a-t-il déclaré dans une interview.
Ruch souligne que l’ordre des langues n’est pas qu’une question technique, mais reflète aussi qui est considéré comme le principal destinataire des services publics. Il rappelle que les usagers des transports publics en Suisse sont majoritairement des résidents suisses.
Pratiques actuelles des CFF
Les CFF défendent leur approche en invoquant des impératifs de compréhension. La langue locale reste prioritaire, et dans les villes bilingues comme Bienne ou Fribourg, les deux langues locales sont utilisées. Dans des zones à forte affluence touristique, l’usage de l’anglais est justifié pour s’adresser à un large public.
Cependant, Ruch conteste cet argument. Il note que l’absence quasi totale de l’italien, langue officielle de la Confédération, est problématique. Il évoque aussi les difficultés qu’un Romand pourrait rencontrer s’il ne maîtrise ni l’allemand ni l’anglais, risquant ainsi de manquer des informations cruciales, comme un changement de train.
Vers une réglementation des annonces ?
Daniel Ruch souhaite que le gouvernement prenne position sur cette question. Il attend une réponse de principe du Conseil fédéral sur la possibilité pour une entreprise soutenue par la Confédération de privilégier une langue étrangère au détriment d’une langue nationale dans ses annonces.
Il propose également d’établir un cadre clair pour les entreprises de transport, stipulant que deux langues nationales devraient toujours précéder toute langue étrangère dans les annonces. Selon la réponse du gouvernement, Ruch envisage de poursuivre son action au Parlement, éventuellement en déposant une motion.
Source : Propos recueillis par Coralie Claude



