Le trafic maintenu dans le détroit d’Ormuz, bilan désastreux au Liban : l’essentiel de ce lundi
Le détroit d’Ormuz reste opérationnel malgré les annonces récentes. Samedi, les autorités militaires iraniennes avaient déclaré une nouvelle fermeture de ce passage stratégique en réponse aux attaques israéliennes au Liban, jugées contraires au protocole d’accord avec Washington. Cependant, le trafic maritime se maintenait lundi à un niveau élevé. La plateforme de suivi maritime Kpler a enregistré 26 passages de navires de transport de matières premières lundi à 17h30, un chiffre comparable à celui observé après la signature officielle du protocole. En ajoutant les porte-conteneurs, les données d’AXSMarine ont confirmé au moins 26 navires commerciaux en transit ce matin.
Samedi avait même établi un record depuis le début des hostilités, avec 38 passages de navires commerciaux, dont 32 pour les seuls navires de matières premières. Mihail Todorov d’AXSMarine a noté un rebond prudent mais perceptible du trafic suite au protocole d’accord, bien que l’évolution quotidienne reste volatile. De plus, l’Iran et les États-Unis ont convenu d’une « ligne de communication » pour éviter des incidents dans le détroit, par lequel transite habituellement un cinquième du pétrole mondial, selon des médiateurs qatari et pakistanais.
Un pays dévasté
Au Liban, la situation est critique. Depuis le 2 mars, lorsque le Hezbollah pro-iranien a ouvert le feu contre Israël, le bilan humain a atteint 4 100 morts, avec plus d’un million de déplacés. L’armée israélienne mène une offensive dans le sud du pays, tout en occupant une zone de sécurité pour protéger le nord d’Israël, entraînant d’importantes opérations de démolition.
Une évaluation rapide du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et du Conseil national de la recherche scientifique libanais révèle des pertes de 1,38 milliard de dollars. Un total de 11 095 bâtiments a été complètement détruit, affectant 17 891 logements, tandis que 2 242 autres ont subi des dommages partiels. Ces chiffres n’incluent pas les infrastructures essentielles, telles que routes et réseaux électriques.
Un accord à tenir
Un cessez-le-feu a été annoncé vendredi entre Israël et le Hezbollah, et les combats ont cessé depuis samedi soir. Des habitants commencent à retourner sur place pour évaluer les dégâts, mais l’armée libanaise a demandé aux populations des zones frontalières de faire preuve de patience. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré que les forces israéliennes resteraient dans le sud du Liban « aussi longtemps que nécessaire ».
Sur le plan diplomatique, le protocole d’accord entre Washington et Téhéran prévoit une cessation des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban, et ouvre une période de 60 jours de négociations vers un accord définitif, notamment sur le dossier nucléaire iranien. En contrepartie, les États-Unis ont suspendu pour deux mois leurs sanctions sur le pétrole iranien. Un fonds de reconstruction de l’Iran d’au moins 300 milliards de dollars est également prévu, à constituer avec les « partenaires régionaux », notamment les pétromonarchies du Golfe, qui n’ont pour l’heure pas confirmé leur participation.
Source : La Alsace
