Le cerveau nous envoie un signal de mort : Thomas Pesquet raconte la terreur d’une sortie dans le vide de l’espace

Mardi 25 août, Sophie Adenot a effectué sa deuxième sortie extravéhiculaire (EVA) de la Station spatiale internationale (ISS), accompagnée de l’astronaute américain Anil Menon. L’objectif était de finaliser le remplacement de l’antenne de communication SGANT, dont l’installation avait été entravée par des boulons récalcitrants lors de sa première sortie le 18 août, où elle était devenue la première Française à réaliser une EVA. Thomas Pesquet, invité de franceinfo, a partagé une analyse approfondie des réactions physiologiques et psychologiques des astronautes à 400 kilomètres d’altitude.

Pesquet explique que, sur Terre, le corps humain ressent constamment son propre poids, sauf durant une chute. En sortie extravéhiculaire, lorsqu’un astronaute se détache de la station, la sensation de pesanteur disparaît, ce qui induit une interprétation erronée par le cerveau : « Quand on lâche les mains, tout d’un coup, on perd la sensation physique du poids et le cerveau nous dit qu’on est en train de chuter », a-t-il déclaré.

Cette perte de repères peut provoquer un réflexe de panique, incitant l’astronaute à s’agripper désespérément à la station. Cependant, dans un scaphandre pressurisé, les gants sont rigides à cause de la différence de pression, rendant chaque mouvement ardu. Pesquet a précisé que « pendant six à sept heures, il va falloir constamment écraser l’équivalent de balles de tennis », ce qui peut rapidement fatiguer les mains. Il a souligné l’importance d’apprendre à son cerveau que cette sensation est normale.

D’autres astronautes, comme Chris Hadfield, ont également abordé ce phénomène, affirmant que « le meilleur antidote à la peur, c’est la compétence ». L’entraînement intensif en piscine et en réalité virtuelle vise à reprogrammer les réactions instinctives, afin que le cerveau accepte l’absence de sol comme une condition viable.

Pesquet a également évoqué l’effet intense de la première sortie, où le flot d’informations était si massif qu’il a eu du mal à se souvenir des détails. « C’est une expérience sensorielle très forte », a-t-il déclaré. En revanche, sa deuxième sortie lui a permis de mieux intégrer l’expérience. Avec six sorties et 39 heures cumulées dans le vide, il se prépare déjà pour un troisième vol spatial prévu en 2027.

Sophie Adenot, après deux EVA réussies en une semaine, entre dans une phase où son corps commence à accepter cette réalité extrême.

Source : franceinfo, 25 août 2026

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