Thomas Pesquet et Arnaud Prost : La France s’attaque aux missions spatiales commerciales
Le 1er juin, lors du sommet Choose France, Emmanuel Macron a annoncé un accord entre la France et la start-up américaine Vast pour deux missions spatiales commerciales impliquant deux astronautes français. Cette annonce intervient alors que Sophie Adenot, une compatriote, est actuellement à bord de la Station spatiale internationale (ISS), poursuivant ainsi la tradition française dans le domaine spatial.
Cet événement, centré sur l’attractivité économique de la France, coïncide avec l’annonce par Vast de l’installation de son siège européen à Paris. Cela envoie un message fort à la communauté spatiale internationale : la France souhaite jouer un rôle actif dans la nouvelle économie de l’espace, dominée par des acteurs privés américains.
Pesquet et Prost : Deux missions historiques
Thomas Pesquet, 46 ans, figure emblématique de l’astronautique française, se prépare pour son troisième vol vers l’ISS, prévu au plus tôt à l’été 2027 pour une durée d’environ 14 jours. Ce vol pourrait être exceptionnel, car Pesquet pourrait commander la capsule qui l’y transportera, une première mondiale pour un astronaute non-américain, si le feu vert est donné par le Comité multilatéral des opérations d’équipage.
Arnaud Prost, 38 ans, astronaute de réserve, participera également à une mission historique à bord de Haven-1, la première station spatiale commerciale de l’histoire. En tant qu’ingénieur d’essais en vol, il testera un nouveau système spatial habité.
Anticipation de l’après-ISS
L’ISS, en opération depuis 1998, doit être désorbitée en janvier 2031. Les agences spatiales et les acteurs privés se préparent déjà à l’ère post-ISS, reconnaissant la nécessité de maintenir une présence humaine en orbite basse pour le développement économique et l’innovation dans l’espace.
Vast, fondée en 2021, est l’une des entreprises avancées dans la course aux stations commerciales. Sa station Haven-1 est en cours d’assemblage à Long Beach, Californie, et devrait être lancée en 2027.
Incertitudes et questions en suspens
L’accord entre la France et Vast soulève plusieurs questions. Le coût des missions n’a pas été divulgué, laissant planer des doutes sur le financement. De plus, le rôle de l’Agence spatiale européenne est peu clair, ce qui pourrait entraîner des tensions avec ses partenaires européens. Enfin, le caractère définitif de l’accord reste incertain, certains détails étant encore conditionnels.
L’annonce de ces missions, bien qu’enthousiasmante, ne fournit pas de feuille de route claire pour l’utilisation de l’espace post-ISS, laissant la France face à un vide stratégique.
Source : Futura Sciences
