Thierry Lacoste, ancien ami du Prince Albert II, en garde à vue à Monaco
Monaco – Thierry Lacoste, ancien ami d’enfance du Prince Albert II, a été placé en garde à vue depuis mercredi dernier dans le cadre d’une enquête sur des accusations de corruption et de trafic d’influence. Cette affaire implique également Claude Palmero, ancien administrateur des biens de la Couronne, Laurent Anselmi, ancien directeur de cabinet du Souverain, et Didier Linotte, ex-juge suprême de Monaco. Ensemble, ils sont soupçonnés d’être les membres d’un « cabinet noir » qui aurait mis la main sur des intérêts personnels au détriment de la Principauté.
L’affaire a débuté à l’automne 2021, lorsqu’un corbeau a diffusé en ligne des centaines de documents piratés à partir de la boîte mail de Me Lacoste. Ces fuites ont suggéré que les quatre hommes avaient agi dans leurs propres intérêts, érodant ainsi la confiance du Prince Albert, qui a ensuite décidé de porter l’affaire devant la justice.
Contexte et développement de l’affaire
Avant même que le Prince Albert II et ses sœurs ne prennent des mes, le magnat de l’immobilier Patrice Pastor avait déposé plainte pour « prise illégale d’intérêt », « corruption », « trafic d’influence » et « blanchiment ». En juin 2025, Didier Linotte a été inculpé dans cette affaire. Plus d’un an plus tard, c’est au tour de Thierry Lacoste d’être interrogé par les enquêteurs.
Un porte-parole de Lacoste a confirmé que l’ancien ami du Prince était à Monaco « pour répondre à des questions dans le cadre d’une procédure » fondée sur des publications d’un site Internet anonyme, « les Dossiers du Rocher ». Ce dernier a qualifié la situation de « scandale absolu », affirmant que Lacoste était victime de calomnies.
L’Esplanade des Pêcheurs au cœur des interrogations
Un des points d’interrogation majeur dans cette affaire concerne le projet de l’Esplanade des Pêcheurs, situé sur le port Hercule. Ce projet a été abandonné par l’État, qui a estimé qu’il compromettait l’organisation du Grand Prix de Formule 1. Le Tribunal suprême, présidé par Didier Linotte, a jugé cette décision illégale, allouant une indemnité record de 136 992 000 euros à son promoteur, Antonio Caroli, décédé en octobre dernier.
L’enquête actuelle s’intéresse aux relations d’affaires entre Antonio Caroli et Thierry Lacoste, dans le cadre de la procédure en cours.
Source : Nice Matin

