Tests de la Boutique fiction : Drone pollinisateur et hologrammes pour faire ses courses en 2050

Drone pollinisateur, chauss à roulettes, hologrammes… On a testé pour vous la Boutique fiction, qui permet de faire ses courses en 2050

La Boutique fiction : faire ses courses en 2050

L’essentiel
Et si vous faisiez vos courses en 2050 ? La Boutique fiction, installée cette semaine au parc de la Roseraie, invite les visiteurs à acheter des objets imaginés pour le futur. Nous avons joué le jeu et tenté de savoir vers quel monde nos choix pourraient nous mener.

Un drone pollinisateur, un smartphone fabriqué à partir de matériaux issus d’astéroïdes ou encore un potager miniature censé rendre son propriétaire autonome en nourriture. Voilà ce que l’on trouve derrière les vitrines de cette boutique installée dans un semi-remorque de 60 m², au parc de la Roseraie. Les produits proposés à la vente n’existent pas encore, mais pourraient bien faire partie de notre quotidien en 2050. La mission des visiteurs est simple : remplir virtuellement leur panier avec cinq articles, avant de découvrir vers quel futur leurs choix vont les mener.

Pour commencer mes courses, je m’arrête devant le Symbiote, un bracelet présenté comme un compagnon de santé. Au contact de la peau, il filtre le sang pour neutraliser les allergènes, les toxines et certaines bactéries.

Je change d’univers et m’intéresse maintenant à l’alimentation. Devant moi, Stékoïa, une plante génétiquement modifiée dont les fruits sont présentés comme ayant le goût, la texture et les qualités nutritionnelles de la viande. L’objectif est de produire une alternative végétale directement à partir d’un arbre, sans avoir besoin d’élever d’animaux.

Des chauss pour marcher vite

Plus loin, les chauss TurboPocket attirent mon attention. Équipées de roulettes, elles sont capables de faire grimper leur utilisateur jusqu’à 11 km/h. Une pression sur le talon suffit pour retrouver une marche classique, idéal pour parcourir rapidement les quelques kilomètres qui séparent son domicile du travail sans prendre la voiture.

Côté énergie, ElecTerre propose une autre manière de produire son électricité. Le dispositif utilise les bactéries présentes dans le sol pour produire du courant, grâce à des matériaux conducteurs reliés à l’habitation.

Dernier achat, Fandetoi, un système holographique qui permet de faire apparaître ses proches dans son salon, en temps réel. De quoi partager un repas, une soirée ou simplement un moment de complicité avec des personnes pourtant à plusieurs kilomètres.

Mon panier est rempli, direction la caisse. Pour payer, j’hésite entre la cryptomonnaie et le troc, avant de finalement opter pour la première option. Place alors au choix de la livraison. Ce sera Technocolis, un service qui mise sur des véhicules autonomes pilotés par l’intelligence artificielle, avec un itinéraire optimisé en temps réel.

4 scénarios à l’issue des achats

Le verdict tombe. Me voilà envoyé dans le scénario « Technologies vertes ». Dans ce futur, les innovations sont privilégiées pour répondre aux enjeux environnementaux. Mais ce n’est qu’une des quatre destinations possibles. « Génération frugale » mise sur une transformation profonde de nos habitudes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. « Coopérations territoriales » cherche à conserver un niveau de vie similaire grâce à davantage de partage entre les territoires. Enfin, « Pari réparateur » va encore plus loin, en misant sur des solutions capables de limiter les effets du changement climatique et même de réparer une partie des dégâts déjà causés.

Le concept de cette boutique fiction a été imaginé par l’association Instant Science. « On s’est basé sur les travaux de prospective et on n’a rien inventé », explique Damien Guillard, l’un des médiateurs. Les objets exposés s’appuient sur des recherches et des réflexions menées aujourd’hui pour imaginer ce que pourrait être notre quotidien dans une société ayant atteint la neutralité carbone en 2050. Un horizon qui n’a rien d’arbitraire, puisque la France s’est fixé cet objectif dans le cadre des accords de Paris. Les quatre scénarios proposés ne sont toutefois pas des prédictions, mais différentes façons d’imaginer comment y parvenir.

Certains produits sont aussi là pour pousser le visiteur à s’interroger. « Il y a une volonté de provoquer des réactions », reconnaît le médiateur. Le drone pollinisateur en est un bon exemple : il ne deviendrait nécessaire que si les abeilles venaient à disparaître ou devenaient trop rares.

Après son étape montalbanaise, jusqu’à vendredi après-midi, le camion poursuivra sa tournée en Occitanie. Quant à moi, je repars avec un aperçu de ce que pourraient être nos courses de demain.

Source : La Dépêche

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