Le français au cœur de la brouille commerciale entre Ottawa et Washington
Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a accusé les États-Unis d’avoir introduit des demandes de dernière minute lors des négociations commerciales. Parmi ces exigences, la remise en cause des subventions à la culture francophone et la place des médias francophones en ligne. Ottawa a affirmé qu’il ne céderait pas à ces nouvelles demandes.
La défense de la culture québécoise et de la langue française est devenue un point de friction majeur dans les négociations entre Ottawa et Washington. Mark Carney a déclaré qu’il existe un « écart énorme entre les perspectives canadiennes et américaines » concernant la culture. Il a également critiqué les demandes américaines formulées « dans les dernières heures », qui remettaient en question les subventions à la culture francophone, la présence des médias francophones en ligne, ainsi que l’obligation d’étiquetage bilingue sur les produits vendus au Canada.
Carney a souligné l’importance de la « découvrabilité » des productions québécoises, faisant référence à leur disponibilité en ligne et à leur capacité à être repérées parmi un vaste ensemble de contenus.
Réactions aux déclarations de Trump
L’importance de la culture québécoise dans cette guerre tarifaire a suscité des réactions en France. Jean-Luc Mélenchon a averti que « Trump menace le Québec » et a appelé à soutenir le Canada et le Québec. De son côté, Donald Trump a nié vouloir nuire à la culture francophone, affirmant qu’il « n’empêcherait jamais les Canadiens de parler français » et qualifiant les accusations de « mensonges ».
Taxe sur les diffuseurs et tensions persistantes
Geneviève Tellier, professeure de science politique à l’Université d’Ottawa, a noté que la question de l’exception culturelle québécoise a toujours été délicate pour les Américains. D’autres facteurs, tels que les surtaxes sur l’automobile, ont également contribué à l’impasse des négociations. En juillet, Carney avait annoncé l’annulation d’une taxe de 5 % sur les diffuseurs en ligne américains, tout en reconnaissant le besoin de contenu en français au Québec.
Soutien populaire au Québec
Au Québec, où plus de 75 % des 9 millions d’habitants parlent principalement français, la décision de Carney de rompre les négociations a été bien accueillie. Un sondage de l’institut Angus Reid a révélé que 85 % des Québécois estiment qu’il s’agissait de « la bonne chose à faire », le taux le plus élevé parmi les provinces canadiennes.
Christine Fréchette, première ministre du Québec, a affirmé que « notre identité ne se négocie pas », soulignant la détermination de la province à défendre ses droits culturels face aux pressions extérieures.
Source : BFM TV.



