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Témoignages : « Ces images sont dans mon sac à dos de vie d’infirmière »

Dix ans après l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice, plusieurs soignants et secouristes reviennent sur leur expérience lors de la prise en charge des victimes de cette tragédie. Philippe, Chloé, Maeva et Jérémy partagent leurs souvenirs et l’impact durable de cet événement sur leur vie professionnelle et personnelle.

Le soir de l’attentat, la promenade des Anglais, habituellement animée, s’est transformée en scène de chaos lorsque Mohamed Lahouaiej-Bouhlel a foncé sur la foule avec un camion de 19 tonnes, faisant 86 morts et plus de 400 blessés. Les soignants de Nice et des environs ont été appelés à intervenir, même ceux qui n’étaient pas de service.

Philippe, pédiatre urgentiste, raconte : « En vingt minutes, j’étais sur place. On a géré un afflux de victimes de tous âges. » Il souligne la solidarité qui a régné parmi les soignants, mais admet que les premiers jours ont été éprouvants, nécessitant des réunions de débriefing. Dix ans plus tard, il ressent toujours une « souffrance non verbalisée » parmi ses collègues.

Chloé, infirmière et pompier volontaire, a été appelée en renfort dans une discothèque transformée en poste médical avancé. Elle se souvient des « patients sous les draps blancs », des images qui continuent de la hanter. « C’est un attentat atroce, mais c’est notre travail. On est là pour soigner, on n’a pas à culpabiliser », affirme-t-elle.

Maeva, psychologue, a été sollicitée pour aider les victimes et leurs familles. Elle décrit une atmosphère de désespoir, notamment en se remémorant un père ayant perdu sa femme et son enfant. Après l’attentat, elle a continué à travailler sur des cas de syndrome post-traumatique, une expérience qui l’a profondément marquée.

Jérémy, bénévole à la protection civile, évoque la sidération ressentie en arrivant sur les lieux. Il se souvient de la douleur des familles lors de l’identification des corps. Bien qu’il ne pense pas souffrir de stress post-traumatique, il s’arrête régulièrement pour se recueillir devant une stèle en mémoire des victimes.

Ces témoignages mettent en lumière non seulement l’impact immédiat de l’attentat, mais aussi les séquelles psychologiques persistantes chez ceux qui ont été en première ligne. Dix ans après, la mémoire de cette nuit tragique reste vive, avec des conséquences qui continuent d’affecter la vie de ces soignants.

Source : Franceinfo

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