Téléphone interdit au lycée : la loi change finalement peu les habitudes à Hazebrouck
La rentrée de septembre est marquée par l’adoption d’une nouvelle loi visant à interdire l’utilisation des téléphones portables dans les lycées. Bien que cette loi soit adoptée, cela ne bouleverse ni les établissements ni les élèves.
Une loi qui encadre davantage qu’elle ne révolutionne
À l’Institut agricole d’Hazebrouck, des pochettes ont été installées l’an dernier à l’entrée des salles afin que les élèves y déposent leur téléphone. Une me plus visible que dans les autres établissements, mais qui ne fait pas l’unanimité. Sacha et Lohann, deux élèves, estiment : « C’est bien pour ceux qui l’utilisent vraiment tout le temps, pas pour tout le monde. Il faudrait faire du cas par cas. » Nathan, inscrit en deuxième année, partage en partie ce sentiment : « Cela peut être justifié et bénéfique pour ceux qui commencent le lycée mais pas forcément pour ceux qui vont en sortir. C’est un peu tous nous mettre dans le même panier. »
Au lycée Saint-Joseph, le téléphone est interdit en classe, mais aucun système de pochettes n’a été mis en place. Les élèves doivent simplement laisser l’appareil dans leur poche ou leur sac. Marine, 17 ans, déclare : « Le téléphone est interdit en classe, ce qui ne change pas d’avant. » Ses camarades Alexandre et Efflam vont dans le même sens, ajoutant que le téléphone est « plus déconseillé qu’interdit » après certaines discussions avec des responsables d’éducation.
Au lycée Saint-Jacques, les élèves peuvent utiliser leur téléphone pendant les récréations et la pause méridienne. Maxence, élève de l’établissement, regrette cependant certaines restrictions, précisant que cela complique l’accès à des informations comme les changements d’emploi du temps.
Des directeurs qui relativisent l’impact de la loi
Du côté des chefs d’établissement, ils semblent eux aussi considérer que cette nouvelle loi ne bouleverse pas fondamentalement leur fonctionnement. Franck Olivier, chef d’établissement de Saint-Joseph, explique que la situation s’explique par le calendrier. La loi ayant été promulguée pendant l’été, modifier le règlement au moment de la rentrée était impossible. Il ne souhaite pas non plus installer de pochettes, notamment en raison du coût, mais se dit favorable au principe de la loi.
Philippe Daviaud, directeur du lycée Saint-Jacques, considère que la nouvelle réglementation change peu les habitudes puisque le téléphone était déjà interdit. Il souligne que « nos élèves sont assez lucides pour respecter la loi » et insiste sur l’importance de responsabiliser les jeunes en les préparant au monde post-bac, où le numérique occupe une place importante.
Enfin, au lycée des Flandres, le directeur Frédéric Bernard privilégie « l’éducation plus que la sanction ». Il considère le système de pochettes comme « ridicule » et insiste sur la nécessité d’expliquer aux élèves, mais aussi aux parents, pourquoi l’usage du téléphone est limité.
Ainsi, malgré l’adoption de la loi, les pratiques au sein des lycées d’Hazebrouck semblent rester largement inchangées.
Source : La Voix du Nord
