Tatouage : l’IA redéfinit le métier des artistes
L’intelligence artificielle (IA) transforme la façon dont les individus choisissent les motifs qu’ils souhaitent inscrire de manière permanente sur leur corps. Cette évolution soulève des questions sur l’impact de l’IA sur le travail des tatoueurs.
De nombreux artistes s’appuient sur des images de référence pour créer des motifs détaillés. Brigi Fuzes, une tatoueuse hongroise, utilise l’IA pour générer des images de référence, affirmant que 70 % de ses clients arrivent avec des créations générées par cette technologie. Elle souligne que, même si ces images sont utiles, elles ne tiennent pas toujours compte des spécificités liées à l’application d’un tatouage sur la peau.
Les détails fins présents dans les images générées par l’IA peuvent être difficiles à reproduire avec de l’encre, ce qui peut compromettre la durabilité et la lisibilité du tatouage au fil du temps. Fuzes insiste sur l’importance de concevoir des motifs adaptés à la peau pour garantir leur longévité.
L’IA comme nouvel outil de création
David Corden, tatoueur à Édimbourg, considère l’IA comme un nouvel outil parmi ceux déjà utilisés, comme Photoshop. Il l’utilise pour améliorer des photos anciennes, notamment celles de proches disparus. Cependant, il exprime son mécontentement face à la perception croissante selon laquelle toute œuvre numérique détaillée serait générée par l’IA.
D’autres tatoueurs, comme Tiago Miranda, préfèrent ne pas intégrer l’IA dans leur processus créatif. Miranda crée ses motifs à partir de son imagination, sans recourir à des photos de référence. Ellie Diamond, tatoueuse, partage également ses réserves, précisant qu’elle préfère créer des designs originaux basés sur les idées de ses clients plutôt que de se limiter à des montages générés par ordinateur.
L’IA peut-elle remplacer les tatoueurs ?
Le débat sur l’IA dans le domaine du tatouage se déroule alors que cette pratique devient de plus en plus courante en Europe. Une étude de 2026 révèle que 29 % des adultes en Suède âgés de 20 à 68 ans possèdent au moins un tatouage, tandis qu’une étude de 2025 indique que 11,5 % des adultes en France sont tatoués.
Dan Gold, un tatoueur expérimenté, ne craint pas que l’IA remplace son métier, mais il s’inquiète de la manière dont les systèmes d’IA générative sont alimentés en contenu. Il plaide pour une régulation de l’utilisation des données.
Ellie Diamond partage son point de vue, affirmant que l’art du tatouage repose sur des compétences humaines innées qui ne peuvent pas être reproduites par des machines.
Source : Euronews

