Tanzanie : un tribunal autorise la poursuite du procès pour trahison de l'opposant Lissu | TV5MONDE

Tanzanie : Un tribunal autorise la poursuite du procès pour trahison de l’opposant Tundu Lissu

Un tribunal tanzanien a décidé, vendredi, que le procès pour trahison de l’opposant Tundu Lissu, arrêté en avril 2025, doit se poursuivre. L’accusation a constitué un dossier auquel il devra répondre.

La Tanzanie a été vivement critiquée sur la scène internationale suite à la répression violente des manifestations qui ont suivi les élections de fin 2025, l’opposition affirmant que des milliers de personnes ont été tuées par les forces de sécurité. Tundu Lissu, figure emblématique du parti d’opposition Chadema, a été arrêté après avoir appelé à une réforme du système électoral.

Âgé de 58 ans, M. Lissu a fait son apparition au tribunal avec une attitude défiant, levant le poing devant une salle comble. Des diplomates étrangers ont assisté à l’audience. La décision de vendredi, rendue par une formation de trois juges, fait suite à la reprise du procès à Dar es Salaam le 10 août, après plus de cinq mois d’interruption pour des raisons de procédure.

L’accusation a présenté 17 témoins, selon le juge Dunstan Ndunguru, qui ont affirmé que M. Lissu avait manifesté son intention de perturber le scrutin. Le magistrat a déclaré : « Le tribunal conclut que l’accusation a établi un dossier auquel l’accusé doit répondre », tout en précisant que « à ce stade, le tribunal n’examine pas le poids des preuves ».

M. Lissu a réagi en affirmant qu’il était prêt à entamer sa défense et qu’il appellerait à la barre plusieurs personnalités, dont la présidente Samia Suluhu Hassan, le chef de l’armée et le chef de la police. Il a également exprimé des inquiétudes concernant l’équité du procès, en soulignant que des échanges privés avec ses avocats et témoins pourraient être compromis.

L’opposant avait fui la Tanzanie en 2017 après avoir survécu à une tentative d’assassinat, mais était revenu en 2023 après plus de cinq ans d’exil, suite à la levée par Samia Suluhu Hassan de l’interdiction des meetings de l’opposition. Bien qu’elle ait été perçue comme une réformatrice après la mort de l’autoritaire John Magufuli, ses actions ont suscité des critiques, notamment après qu’une commission d’enquête, jugée partiale par l’opposition, a rapporté en avril 518 morts lors des violences électorales, sans identifier de responsables.

Source : TV5MONDE

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