Tanzanie : 61 personnes inculpées de terrorisme après des manifestations
Soixante-et-une personnes, arrêtées début juillet en Tanzanie pour avoir appelé ou participé à une manifestation contre les autorités, ont été inculpées de terrorisme, selon le parti d’opposition Chadema, qui dénonce la criminalisation d’« activités politiques légitimes ».
La majorité des personnes arrêtées sont affiliées au principal parti d’opposition. En plus des 61 inculpés, environ 70 autres personnes arrêtées à la même période sont toujours en détention, en attente d’inculpation. L’opposition avait organisé une manifestation le 7 juillet, jour férié connu sous le nom de « Saba Saba », qui commémore la création de l’Union nationale africaine du Tanganyika (Tanu) par Julius Nyerere en 1954. Bien que cette manifestation n’ait pas été formellement interdite, le déploiement policier intensif des jours précédents a dissuadé la mobilisation.
Deux jours après la manifestation, la police a annoncé l’arrestation de 130 personnes soupçonnées d’avoir « planifié » des actes criminels ou d’y avoir incité via des messages sur les réseaux sociaux. Une partie de ces manifestants a été inculpée pour « terrorisme ». Chadema conteste ces accusations, affirmant que « participer ou tenter de participer à une manifestation ne constitue pas un acte de terrorisme, mais un droit constitutionnel ».
Le climat politique en Tanzanie a été marqué par des violences lors des élections générales du 29 octobre 2025, où des manifestations contre un scrutin considéré comme biaisé ont été réprimées. La présidente Samia Suluhu Hassan, qui a remporté l’élection avec 98 % des voix, a été perçue comme une réformatrice après le décès de son prédécesseur, mais ses efforts d’ouverture semblent avoir été de courte durée. Une commission d’enquête a estimé que 518 personnes avaient perdu la vie lors des violences post-électorales, tandis que des sources d’opposition avancent le chiffre de 2 000 victimes.
Source : RFI


