Syrie : treize ans plus tard, l’exécution d’une fratrie de six enfants confirmée

Syrie : Treize ans après, l’exécution d’une fratrie de six enfants confirmée

La confirmation, le 30 mai, par les autorités syriennes, de la mort d’une fratrie de six enfants enlevés en 2013 avec leur mère par le régime de Bachar El-Assad, a suscité une vive émotion et colère à travers le pays. Cette nouvelle a été relayée par plusieurs médias syriens, libanais et panarabes, ainsi que sur les réseaux sociaux, accompagnée d’une photo des enfants entourés de leurs parents avant leur enlèvement et leur exécution.

Pour de nombreux Syriens, ces exécutions sont devenues des symboles de la cruauté du régime, qui a semé la terreur après les manifestations pour la démocratie en 2011, dans le sillage des « printemps arabes ». Rania Abbassi, dentiste à Damas, et ses enfants ont été arrêtés le 11 mars 2013 par les moukhabarat, les services de renseignement syriens, selon la Commission nationale des personnes disparues, créée en mai 2025 par les nouvelles autorités.

« Froidement assassinés »

Les agents ont arrêté Dima, 14 ans, Intissar, 13 ans, Najah, 11 ans, Alaa, 8 ans, Ahmad, 6 ans, et Layane, 2 ans, ainsi que leur mère. Les jeunes victimes ont été froidement assassinées deux heures plus tard dans un centre de détention du régime. Le sort de Rania reste à ce jour inconnu, rapporte L’Orient-Le Jour, citant le rapport de la Commission.

Hassan Abbassi, l’oncle maternel des six enfants, a partagé son combat de treize ans pour obtenir des informations. Il a reconnu le visage de ses nièces et neveu sur une vidéo après leur exécution, décrivant la scène avec douleur : « J’ai vu leurs corps fragiles au sol, du sang coulant de leurs visages. »

Amjad Youssef, un officier des moukhabarat, est le principal suspect du massacre du quartier de Tadamon, qui a causé la mort de plus de 280 civils le 16 avril 2013 à Damas. Il a été arrêté par les forces de sécurité syriennes le 24 avril.

Sur les réseaux sociaux, l’affaire a relancé le douloureux dossier des personnes disparues en Syrie, à un moment où les appels se multiplient pour accélérer le processus de justice transitionnelle et poursuivre les responsables de crimes. Selon des estimations, entre 200 000 et 300 000 personnes arrêtées par l’ancien régime durant le conflit n’ont pas été retrouvées par leurs familles après la chute d’Assad, en décembre 2024.

Source : Daraj, L’Orient-Le Jour, New Lines, Al-Joumhouriya.

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