Syndrome du canal carpien : 121 millions d’euros de pertes pour la Sécurité sociale en France.

Syndrome du canal carpien : 121 millions d'euros perdus chaque année par la Sécurité sociale

Syndrome du canal carpien : 121 millions d’euros perdus chaque année par la Sécurité sociale

Chaque année, la Sécurité sociale supporte un coût compris entre 43 et 121 millions d’euros en raison du syndrome du canal carpien qui n’est pas déclaré comme maladie professionnelle. Cette situation a été mise en lumière par une étude de Santé publique France publiée le 2 septembre 2026. Bien que 70 % des personnes touchées attribuent leur pathologie au travail, seules 10 % d’entre elles engagent une démarche de reconnaissance légale.

Un gouffre financier de 43 à 121 millions d’euros par an

La Fédération nationale des accidentés et des handicapés du travail (Fnath) indique qu’entre 11 600 et 32 300 cas de syndrome du canal carpien liés au travail ne sont pas déclarés comme maladies professionnelles chaque année. Cette sous-déclaration entraîne un transfert des coûts du régime des accidents du travail vers l’assurance maladie générale, perturbant ainsi l’équilibre budgétaire. Une étude relayée par Franceinfo, fondée sur le Baromètre santé 2020-2021, révèle que 13 à 14 % des Français âgés de 20 à 64 ans ont été affectés par ce trouble au cours des cinq dernières années, touchant potentiellement plusieurs millions d’actifs.

Comment la Sécurité sociale finance les cas non déclarés

Lorsque le syndrome du canal carpien n’est pas reconnu comme maladie professionnelle, les frais médicaux sont couverts par la branche maladie de la Sécurité sociale. Cela inclut consultations, examens, chirurgies (15 % des patients subissent une opération) et arrêts de travail, entraînant une augmentation rapide des coûts. Normalement, les pathologies professionnelles devraient être financées par les cotisations patronales spécifiques aux accidents du travail et maladies professionnelles (AT-MP), dont le taux dépend du risque sectoriel. Ce transfert vers l’assurance maladie signifie que l’ensemble des cotisants finance ce qui devrait incomber aux employeurs des secteurs à risque.

L’écart entre perception du risque professionnel et déclaration légale

Bien que plus de 70 % des personnes touchées attribuent leur syndrome du canal carpien à leur travail, seulement 10 % le déclarent. Les raisons de cette sous-déclaration incluent l’ignorance, la peur de perdre leur emploi et des formalités jugées complexes. Cette situation prive les travailleurs de droits importants, tels que des indemnités journalières majorées et une protection contre le licenciement durant le traitement, engendrant des coûts élevés pour les individus et la société.

Qui paie vraiment ? L’impact sur les cotisations et les prestations

Les salariés non déclarés subissent une double pénalité. Ils perdent les indemnités journalières majorées du régime AT-MP et la possibilité d’une rente d’incapacité permanente si leur état se détériore. Cette pathologie est la deuxième maladie professionnelle la plus souvent reconnue. Pour ceux qui subissent une opération et se retrouvent avec des séquelles, la perte financière peut atteindre des dizaines de milliers d’euros.

Chiffres clés : 13-14 % des Français touchés, 10 % seulement reconnus

Les données de Santé publique France mettent en lumière une épidémie économique sous-estimée. Parmi les 13 à 14 % de la population active touchée, seule une personne sur dix consulte un médecin, et 86 % de ces consultations se font chez un généraliste, souvent peu formé à la reconnaissance des maladies professionnelles. Un médecin du travail peut tripler le taux de déclaration, mais ces spécialistes sont rarement consultés.

Une épidémie économique silencieuse

Le syndrome du canal carpien, qui entraîne douleurs et troubles de la sensibilité et de la motricité des doigts, est favorisé par des gestes répétitifs et l’utilisation d’outils vibrants. Il touche particulièrement les secteurs de l’industrie, du bâtiment, de l’agroalimentaire et de la logistique, et les femmes représentent 60 % des cas, avec un pic entre 45 et 64 ans, période où les facteurs hormonaux augmentent les risques.

Santé publique France recommande de renforcer l’information des patients et la formation des médecins généralistes. Sans action, le gouffre financier s’aggravera, transférant sur la collectivité un coût qui devrait incomber aux employeurs. Les 121 millions d’euros perdus chaque année illustrent l’écart entre un droit théorique et sa mise en œuvre effective.

Source : Santé publique France, étude publiée le 2 septembre 2026.

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