Affaire des syndics : 5 professionnels azuréens sous suspension conservatoire
L’affaire des syndics continue de susciter des réactions dans le milieu immobilier. Une enquête, lancée il y a quatre ans suite à une dénonciation anonyme, a révélé un vaste système de corruption. Le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, a qualifié ces pratiques de « systémiques ».
De nombreux gestionnaires de biens dans les Alpes-Maritimes auraient accepté des cadeaux de la part d’entrepreneurs du BTP intervenant dans les copropriétés sous leur gestion. Les gratifications, comprenant des voyages à l’étranger, des rallyes en voitures de collection, des places pour la Coupe du Monde de football au Qatar et des repas dans des restaurants étoilés, ont été évaluées à plus de 2 millions d’euros par les enquêteurs du Groupe Interministériel de Recherche (GIR).
Bien que les professionnels concernés aient d’abord tenté de minimiser ces cadeaux en les qualifiant de simples gestes commerciaux, la plupart ont finalement décidé de plaider coupable. Au total, un entrepreneur du BTP et 26 syndics ont été condamnés récemment, dont cinq ont reçu une double peine.
« Mes conservatoires immédiates »
Suite aux décisions du Tribunal judiciaire de Nice concernant les cinq adhérents, l’Union des Syndicats de l’Immobilier (UNIS) a pris des mes conservatoires. Lors d’une réunion d’urgence le 12 juin, le Président de l’UNIS a annoncé la suspension conservatoire de l’adhésion des membres concernés.
L’UNIS justifie ces mes par la nécessité de préserver l’image et la réputation de l’organisation, ainsi que la confiance accordée à la profession immobilière. L’organisation rappelle son attachement aux principes de probité, de responsabilité, de déontologie et d’exemplarité dans l’exercice des métiers de l’immobilier. Une procédure de conseil de discipline est prévue pour les cinq adhérents concernés.
Procès correctionnel en vue
En parallèle de ces sanctions internes, l’affaire des syndics devrait connaître un nouvel épilogue judiciaire. Un des mis en cause a refusé de plaider coupable et sera renvoyé devant le tribunal correctionnel de Nice. Ce procès public permettra d’examiner les faits en détail et de trancher sur la légalité des gratifications reçues, un jugement qui pourrait établir une jurisprudence pour la profession à l’échelle nationale.
Source : Nice-Matin
