: Reportage

On n’a que nos yeux pour pleurer : la surproduction de pommes de terre en France

En France, la consommation de pommes de terre s’élève à 48 kilos par an et par habitant, que ce soit sous forme fraîche ou transformée en frites et chips. Cependant, en 2025, les agriculteurs ont produit en excès, laissant les industriels dans l’incapacité d’absorber cette surabondance. Franceinfo a visité des exploitations dans la Somme et l’Oise, où les conséquences de cette surproduction sont palpables.

Un excédent alarmant

Rémy Chombart, un agriculteur de la Somme, a mis en place une initiative originale : une pancarte indiquant « Pommes de terre gratuites, servez-vous » attire les curieux. « Ce sont des Marilyn, comme je dis souvent, le beurre est déjà dedans, vous verrez, elles sont super bonnes, » explique-t-il. Malgré cette générosité, il souligne que cette opération ne représente qu’une infime partie de son stock. En effet, il reste environ 500 tonnes de pommes de terre non vendues dans ses chambres froides, alors qu’il devrait avoir épuisé ses réserves à cette période de l’année.

Des pertes financières considérables

« Quand on fera les comptes, il va nous manquer 500 000 euros, » déclare Rémy Chombart. La surproduction a entraîné une chute du prix de la tonne de pommes de terre. Actuellement, les producteurs reçoivent environ 10 euros par tonne pour les pommes de terre destinées à l’industrie, alors qu’ils ont besoin de 250 à 320 euros pour couvrir leurs coûts de production. Ce déséquilibre les force à jeter une partie de leur production ou à la transformer en biogaz.

Une problématique européenne

La surproduction n’est pas un phénomène isolé à la France. Geoffroy d’Evry, président de l’Union nationale des producteurs de pommes de terre, précise qu’il y a environ 4,5 millions de tonnes de pommes de terre en trop dans le Nord-Ouest européen, incluant les Pays-Bas, l’Allemagne et la Belgique. « La production a été beaucoup plus rapide que la consommation, » constate-t-il.

Consommation en déclin

La consommation de frites est en baisse, notamment en raison de la diminution du nombre de clients dans les restaurants. Par ailleurs, des facteurs internationaux, tels que les droits de douane imposés par les États-Unis et le conflit en Iran, ont également ralenti le marché mondial.

Vers une réduction des surfaces cultivées

Face à cette crise, les producteurs envisagent de diminuer les surfaces cultivées. Geoffroy d’Evry a déjà réduit ses terres de 15%. Les producteurs attendent de voir si cette démarche suffira à rétablir l’équilibre sur le marché lors de la prochaine récolte en septembre.

Source : Franceinfo

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