Environ 1 000 décès supplémentaires depuis mercredi : quatre questions sur la surmortalité liée à la canicule en France
Un très lourd bilan humain. Depuis mercredi 24 juin, un millier de décès supplémentaires par rapport à la normale ont été recensés en France en raison de la canicule, a annoncé Santé publique France (SPF) le 28 juin. Cependant, le chiffre réel de la surmortalité sera probablement bien plus élevé.
Quel est le bilan humain de ces derniers jours de canicule ?
Santé publique France a signalé que plus de 1 200 morts, toutes causes confondues, ont été enregistrées pour la journée du 24 juin, et plus de 1 400 décès quotidiens ont été notés les 25 et 26 juin. Pour comparaison, on comptait environ 900 à 1 000 décès par jour durant les mois d’avril et mai. Cette hausse est particulièrement marquée dans les régions en vigilance rouge, notamment en Île-de-France, Nouvelle-Aquitaine, Bretagne, Centre-Val de Loire, Normandie et Pays de la Loire. Les personnes de 65 ans et plus sont les plus touchées.
Ces chiffres sont-ils fiables ?
Les données fournies par Santé publique France sont qualifiées de « partielles » et « sous-estiment le nombre total de décès » liés à la canicule. Cette surveillance repose sur la remontée des certificats électroniques de décès, une méthode qui enregistre habituellement environ 60 % de la mortalité nationale. Les décès survenus à domicile ne représentent que 25 % des cas comptabilisés, tandis que 45 % des décès en Ehpad et 80 % à l’hôpital sont enregistrés.
La mortalité pourrait-elle dépasser celle de 2003 ?
Le souvenir de la canicule de 2003, qui avait causé 15 000 décès, est encore présent. L’épisode actuel est jugé plus intense, avec plus d’une centaine de records de températures battus dans tout l’Hexagone. La ministre de la Santé a déclaré que, bien que les conditions météorologiques soient similaires, la situation sanitaire ne devrait pas être aussi grave que celle de 2003.
Quand connaîtrons-nous les chiffres définitifs ?
La comptabilisation précise de la surmortalité prendra du temps. Actuellement, deux départements sont encore en vigilance rouge et 45 autres en vigilance orange. Les effets de la chaleur peuvent se manifester plusieurs jours après, aggravant des maladies chroniques. Une fois cet épisode terminé, Santé publique France fournira des données consolidées pour déterminer la fraction des décès attribuables directement à la canicule.
Source : Santé publique France.
