Sur Mars, une paléosurface marque la transition entre deux époques

Sur Mars, une paléosurface marque la transition entre deux époques

Une récente image de la sonde Mars Reconnaissance Orbiter de la NASA, capturée par sa caméra HiRISE, révèle deux périodes distinctes de dépôt de sédiments argileux sur la surface martienne. Ce cliché met en évidence la limite séparant deux sites potentiels d’atterrissage pour le rover européen Rosalind Franklin : Oxia Planum et Mawrth Vallis.

Selon Nicolas Mangold, planétologue, « nous pensions que les deux sites étaient similaires dans leur composition et leur âge, mais après analyse, nous nous sommes rendu compte que la plaine d’Oxia contient des argiles riches en fer plus anciennes. » Cette paléosurface a d’abord servi de site pour un premier dépôt d’argile, avant que l’eau ne se retire et que la surface ne soit frappée par des météorites. Par la suite, l’eau a de nouveau inondé la région, apportant de nouveaux sédiments.

La surface argileuse s’étend sur 600 km, avec certains dépôts atteignant 1 000 m d’altitude. Inés Torres Auré, chercheuse à l’Université de Lyon et membre de la mission ExoMars de l’ESA, précise : « Nous disposons désormais d’une nouvelle chronologie : les argiles d’Oxia Planum se sont formées en premier, il y a environ 4 milliards d’années, avant celles de Mawrth Vallis. » Le rover européen devrait atterrir sur Oxia Planum fin novembre 2030, après son lancement prévu en octobre 2028.

Analyse du sol argileux

Le rover Rosalind Franklin emportera un laboratoire d’analyse et divers instruments, notamment des caméras, des spectromètres et un radar à pénétration de sol. Sa mission consistera à étudier l’histoire du sol d’Oxia Planum et à analyser les échantillons d’argile prélevés par sa foreuse, capable de creuser jusqu’à deux mètres de profondeur.

Elliot Sefton-Nash, scientifique du projet ExoMars, indique : « Nous utiliserons ses instruments pour valider sur le terrain les découvertes faites depuis l’orbite, étudier l’environnement ancien dans lequel les argiles se sont formées et déterminer si elles conservent des traces de vie martienne. » Les chercheurs estiment que cette zone aurait pu être recouverte par une vaste étendue d’eau, élément essentiel à la vie.

Source : Ciel et Espace

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