Yang Yang, entre deuil et engagement politique : Une plongée dans « Sukima T. 1 & 2 »
À la fin des années 2010, Yang Yang, une étudiante taïwanaise, quitte son pays pour le Japon, plus précisément Okinawa, dans le cadre d’un échange universitaire. Cette décision fait suite à la perte de sa grand-mère, qui l’a élevée, et à un amour non réciproque. Sur place, elle s’intègre rapidement à la vie locale mais reste hantée par son passé et la situation politique de Taïwan.
Le récit de Gao Yan, qui se déroule dans les tomes 1 et 2 de « Sukima », aborde des thèmes de deuil et de quête identitaire. Bien que le Japon soit le cadre initial, l’intrigue se concentre principalement sur les souvenirs de Yang Yang à Taïwan. Les chapitres évoquent aussi des événements contemporains, tels que des discussions sur le statut de Taïwan et le référendum sur le mariage homosexuel.
Au fil de son parcours universitaire, Yang Yang rencontre des étudiants engagés, ce qui la pousse à s’interroger sur son propre engagement politique. Bien qu’elle ne soit pas activement engagée, elle ressent une forte culpabilité de ne pas faire assez face aux injustices. La série explore ainsi l’éveil d’une conscience citoyenne chez une jeune femme tiraillée entre ses aspirations et ses limites.
Gao Yan réussit à capturer l’intensité des émotions de Yang Yang, tout en offrant une réflexion sur l’histoire politique de Taïwan depuis les années 1980. Cette œuvre, à la fois sensible et engagée, s’avère être un regard poignant sur les défis auxquels fait face la jeunesse contemporaine.
Source : ActuaBD
